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Sur la défection du Roi de Prusse

Sur la défection du Roi de Prusse
De par Momus, dieu calotin,
Admis en frei-massonerie1 ,
Faisons savoir à tout Berlin
Que n’avouons la félonie
Faite l’onzième de juin
Pour escroquer la Silésie
Sur la famille du Lorrain2 .
Primo, nous sommes dieu mutin
Et nommé pour la garantie
De l’héritage autrichien.
De plus, le treize de juin3
Ce grand prince à petit génie
Après s’être gueulé de vin,
Voulant faire épître choisie,
A son chef l’empereur romain
Ecrivit que pendant sa vie
Il lui serait loyal germain.
Dont, détestant la perfidie
De ce tant madré souverain,
Enjoignons qu’à chacune orgie
Il lui soit délivré quatrain
Portant que sa masonnerie
Jointe au règlement calotin,
Retranche d’une main hardie
Ce membre pourri d’un corps sain.

  • 1Il était frey-maçon (M.)
  • 2La reine d’Hongrie (M.)
  • 3Le Roi de Prusse écrivait le 13 juin une lettre à l’Empereur, en laquelle il l’assurait de son attachement, et le 11 il avait signé des préliminaires de paix avec la Reine d’Hongrie. (M.)

Numéro
$4895





Références

Arsenal 3128, f°328v