Sonnet en bouts rimés

                          Sonnet

Philippe dans le cours de sa vaste carrière

A pas précipités descend dans le tombeau ;

De ses jours tout à coup s’est éteint le flambeau

Et ses hardis projets demeurent en arrière.

 

Il joignit le génie à l’audace guerrière ;

Nul triste préjugé n’eut place en son cerveau ;

L’Europe devant lui prit un aspect nouveau

Et seul contre vingt rois il servit de barrière.

 

Ses vices furent grands, plus grandes ses vertus ;

De fameux alliés par sa chute abattus

Sentent la perte seuls dont la France est frappée.

 

Il meurt sans sentiments et vécut sans effroi ;

Par ce coup imprévu la fortune trompée

Peut-être d’un tyran aurait fait un grand roi.

Numéro
$7942


Année
1723

Description

Sonnet


Références

F.Fr.9352, f°267r

Mots Clefs
Portrait ambigu de Philippe d'Orléans, régent