sans titre

Messieurs les ministres du temps,

Je suis fâché du contretemps1 ;

Il faut encore vous y résoudre

De voir le grand astre Fouquet

Qui saura bien vous en découdre

Et donner à tous le torquet.

 

Amés et féaux d’Argenson,

Qui portez des cornes au front,

Nonobstant ce bel étalage,

A présent tenus sur les fonds,

Pourriez bien avoir en partage

Un beau jour des coups de talon.

 

L’aîné fait rire en ses propos ;

C’est un franc diseur de bons mots,

Menant les affaires étrangères

On ne peut pas plus rondement,

Et même des gens très sincères

Disent que c’est asinement.

 

Le cadet n’est pas un butor ;

Il est vraiment garçon retors

Qui toujours par souples manœuvres,

A su marcher légèrement,

N’ayant jamais su d’autres œuvres

Que de virer adroitement.

 

Pour les négociations

Et gouverner des légions.

Tels sont nos deux grands personnages,

Avec leur merveilleux talent,

Que l’écureuil guette au passage

Pour les faire tomber dedans.

  • 1. Cette chanson a été faite sur un bruit qui a couru les premiers jours de décembre que le ministère allait être totalement changé, ce qui cependant n’est point encore arrivé.

Numéro
$5775


Année
1746

Sur l'air de ...
Tout cela m’est indifférent.

Description

5 x 6


Références

Mazarine Castries 3989, p.235-36 - Marville, II,237

Mots Clefs
Satire sur Messieurs les ministres du temps