Sans titre

Astraudi1 dans son jeune âge
Des catins prit la leçon.
Nature la fit peu sage ;
Sans cesse aussi la voit-on
Au sein du libertinage
Prêter à chacun son c[on].

Donezan pour la passade
Fut par elle trouvé bon ;
Vilgagnon, quoique bien fade,
Parvint à ce beau tendron ;
Et Le Normand, le maussade,
Lui paie le greluchon.

Arrogante, tracassière,
La voix aigre comme un chat,
Suffisante, minaudière,
Le dos bossu, le pied plat,
Sans esprit, sans caractère,
Indécente avec éclat.

Plus gueuse que Messaline,
Aussi maigre qu’Alecton,
Jamais la plus grosse p[ine]
Ne remplit son vaste c[on]
Et vingt fois dans la cuisine
Elle eut recours au pilon.

Le diable, plein de malice,
Suscita cette putain
Pour prêcher partout le vice,
Tourmenter le genre humain,
Et la fit mauvaise actrice
Pour ennuyer son prochain

  • 1. Rosalie Astraudi, de la Comédie-Italienne, maîtresse du comte d’Egmont

Numéro
$4243


Sur l'air de ...
Votre coeur, aimable Aurore

Description

5 x 6


Références

Cité dans Laurence Bongie, La Bastille des pauvres diables (2010), p.226-27, reprenant Piton, Paris sous Louis XV.

Mots Clefs
Rosalie Astraudi, de la Comédie-Italienne, maîtresse du comte d’Egmont, obscène