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Sans titre

O temps ! ô mœurs ! ô siècle déréglé

On voit se dégrader les plus nobles familles :
Lamoignon, Mirepoix, Molé1 ,
De Bernard épousent les filles,
Et sont les receleurs du bien qu’il a volé.

  • 1« Il y a eu une fête superbe dans la maison de Bernard. On a fait élever en bois un grand salon dans le jardin, qui était orné de peintures, de glaces, de lustres. On dit que cette décoration a coûté trente‑cinq mille livres. Il y a eu concert l’après‑midi de tout ce qu’il y a de plus habile à Paris. Il y avait une table en fer à cheval pour soixante couverts qui a été servie magnifiquement avec beaucoup d’ordre. Il y a eu des dames. Après minuit, on s’est rendu à Saint‑Eustache pour la cérémonie. L’église était ornée de même. Il y avait six cents bougies tant en lustres que girandoles et bras ; cent hommes du guet au portail, et des suissesTout ce grand fracas et cette dépense excessive ne laissent pas que d’indisposer le public et avec raison. Les noces des princes n’ont rien de semblable. On dit même, par plaisanterie, qu’on a retenu le modèle de la salle pour servir un jour au mariage de Mgr le Dauphin. Il est certain que cela est impertinent dans la personne du fils d’un peintre qui a fait trois fortes banqueroutes. Cela a donné lieu à des chansons et à des vers qui ne font pas honneur aux alliés de la famille Bernard. » (Journal de Barbier.)

Numéro
$0785


Année
1733




Références

Raunié, VI,64-65 - Clairambault, F.Fr.12705, p.55 (premier couplet) - Maurepas, F.Fr.12633, p.234 - F.Fr.15146, p.419 - F.Fr.13661, p.340 - Barbier, II, 427