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Remontrances de Mesdames les présidentes et conseillères au Parlement de Paris

Remontrances de Mesdames les présidentes et conseillères

au Parlement de Paris exilé du 15 mars 17711

Sire, dans le désastre où la France est réduite,

Il est temps de vous rendre à ses gémissements :

Seriez-vous inflexible aux cris de vos enfants

Quand l’amour le plus tendre a réglé leur conduite ? 

De leurs cœurs alarmés les vœux vous sont offerts ;

Ils réclament leurs droits et respectent les vôtres ;

Sur nos époux absents vous connaissez les nôtres :

Languiront-ils encore dans le fond des déserts ?

Vous voyez à vos pieds leurs femmes éplorées,

Par leurs ennuis secrets nuit et jour dévorées,

Des ministres des lois implorer le retour ;

Devez-vous traverser un légitime amour ?

O vous, dont le grand cœur fut aux plaisirs sensible,

Daignez nous protéger dans ce moment terrible.

Un pouvoir étranger nous ôtant nos époux,

Vous devez nous les rendre où les remplacer tous.

Mais si contre nos maux il n’est point de remède,

Pour nous faire oublier la rigueur de vos coups,

Sire, laissez-nous donc au moins la Cour des aides.

  • 1Il me tombe entre les mains une de ces pièces qui caractérisent si bien le génie de la nation française qui pousse sa frivolité jusqu'au point de s'amuser à de ridicules plaisanteries dans les circonstances les plus désastreuses. ce qui a donné lieu à cette pièce, c'était le bruit qui avait couru vers le milieu du mois de mars que le chancelier s'occupait d'un édit portant suppression de la cour des aides (Hardy).

Numéro
$5796


Année
1771 mars




Références

F.Fr.15141,p.192-93 - Hardy, II, 205


Notes

Une version complètement différente en $1319