Épigramme

Épigramme sur le Régent
Aveuglé par les soins des fades courtisans,
Jusques ici Philippe a trouvé maint obstacle,
A suivre de son cœur les désirs bienfaisants.
Un oculiste enfin, nous prépare un miracle1.
Toi dont la main hardie, étalant ton savoir,
Inspire en même temps la crainte et l'espérance,
Ne manque pas ton coup, achève, fais-lui voir
Tous les maux qu'il a faits, en deux ans de régence.

Réponse
Je répondrai bientôt à votre impatience,
Je reverrai bientôt le jour,
Et dans une heureuse abondance,
Vous reconnaîtrez mon amour.

 

  • 1. « Le duc Régent avait alors une incommodité à l’œil gauche, dont il ne voyait presque plus, ce qui donna lieu dans le public à de mauvais propos, parce que rien n’est indifférent dans les grands princes. Le sieur Moussart, chapelain du bourg de Ruel, près Paris, qui avait fait beaucoup de cures merveilleuses, entreprit le duc Régent, qui se mit entre les mains de cet oculiste le 25 novembre, et trois jours après le prince commença à voir plus distinctement. Mais cette infirmité ne l’empêcha point de travailler avec la même assiduité aux affaires publiques. » (Mémoires de la Régence.) (R)

Numéro
$0218


Année
1717

Description

Huitain + quatrain en réponse

Notes

Satire suivi d'un panégyrique, certainement d'une autre main.


Références

Raunié, II,269 - Clairambault, F.Fr. 12696, p.320 -Maurepas, F.Fr.12629, p.130 (sans la réponse) - F.Fr.9351, f°245 - F.Fr.15018, f°236r

Mots Clefs
Régent, satire et panégyrique