Epigramme

Je respecte la régence1,
Mais dans mon petit cerveau
Je me figure la France
Sous l'emblème d'un tonneau ;
De cette pauvre futaille
Le Régent tire sans fin,
Tandis qu'au fausset Noailles
Escamote un pot de vin2.

Réponse
Je consens que la régence
Soutire notre tonneau,
Pour avoir de la finance
Qu'on égorge le troupeau,
Et qu'à Noailles on permette
De voler impunément,
Pourvu qu'après on le mette
Côte à côte du Normand3.

  • 1. Pour subvenit aux dépenses du Régent, on a comparé la France à un tonneau de vin que l'on vide insensiblement, ce qui donna lieu à ce vaudeville, sur l'air Ton humeur est Catherine (Besançon).
  • 2. Duclos, dans ses Mémoires, rapporte une anecdote qui peut servir de commentaire à ce vers. « Un jour qu’en plein conseil et en présence du Régent, Rouillé du Coudray s’exprimait avec sa liberté ordinaire, le duc de Noailles lui dit : « Monsieur Rouillé, il y a ici de la bouteille. — Cela se peut, monsieur le duc, répliqua Rouillé, mais jamais de pot de vin. » Le trait fut d’autant mieux senti que les Noailles passaient pour ne pas se contraindre sur les affaires. » (R)
  • 3. On a vu ci‑dessus (Cf. supra La danse des traitants) que Le Normand avait été condamné par la Chambre de justice au pilori et aux galères perpétuelles. Le satirique n’est pas tendre pour le duc de Noailles. (R)

Numéro
$0224


Année
1716 (Castries) / 1717

Sur l'air de ...
Ton humeur est, Catherine, plus aigre qu’un citron

Description

Huitain + huitain en réponse

Notes

Il y est répondu en $5093


Références

Raunié, II,272-73 - Clairambault, F.Fr.12696, p.103-04 -  Maurepas, F.Fr.12628, p.325 - F.Fr.9350, f°114v-115v  - F.Fr.9351, f°234r (premier couplet) - F.Fr.10475, f°168 - F.Fr.12500, p.149 - F.Fr.12673, p.195-96 - F.Fr.15131, p.70 - F.Fr.15131, p.70 - F.Fr.15136, p.210 - F.Fr.15141, p.102 - F.Fr.15152, p.225 (sans la réponse)

 

Mots Clefs
Régent, duc de Noailles, Le Normand