Contre la Régence

Contre la Régence
Sous cet enfant qui règne, un tyran inhumain,
Fameux par le poison, l’athéisme et l’inceste,
Abuse impunément du pouvoir souverain.
Paris tremble à la voix d’un tribunal funeste,
Aux cris des malheureux on offre un cœur d’airain,
On acquitte l’État en leur perçant le sein ;
L’irrésolution, l’ignorance et la brigue
Président aux conseils de cent monstres cruels ;
Le schisme prend naissance aux pieds de nos autels.
Contre Rome s’élève une orgueilleuse ligue,
Et le peuple, incertain dans sa religion,
Suit l’étendard fatal de la rébellion.
La foi publique est violée,
Et la patrie en pleurs, victime de ses vœux,
Voit de ses propres flancs sortir le glaive affreux
Dont elle doit être immolée ;
L’injustice en triomphe exerce sa fureur.
France, il faut donc enfin que ta grandeur périsse !
Nouveaux dieux, nouveaux rois, dans ce siècle d’horreur,
Creusent dessous tes pas ton dernier précipice.

 

Numéro
$0155


Année
1716

Description

20 alexandrins

Notes

Cf. $2951, version française du fameux Regnante puero qui valut à Voltaire un an de Bastille.


Références

Raunié, II,125

Mots Clefs
Régence, philippique