sans titre

Je suis ignorant comme un roi1,

Et c’est bien de l’honneur pour moi,

Quoiqu’à longues oreilles

Eh bien !

Ce roi fit des merveilles,

Vous m’entendez bien.

 

On dit que tout ce qu’il touchait

En or à l’instant se changeait.

Que n’a-t-on sa recette,

Eh bien !

Pour remplir la cassette

Vous m’entendez bien.

 

Ma ressemblance avec Midas

M’a fait en bel or de ducats

Changer mes gimbelettes :

Eh bien !

Par qui sont-elles faites ?

Vous m’entendez bien.

 

Pour mon usage les manger

Valait mieux qu’en or les changer ;

Mais ma plus forte envie,

Eh bien !

Sera toute ma vie

Vous m’entendez bien.

 

Vous qui changez votre or en pain

Pour la veuve et pour l’orphelin,

Vous savez comme on change

Eh bien !

Les soupirs en louange

Vous m’entendez bien.

 

À votre porte à l’unisson

C’est tous les jours même chanson.

Ah ! pour notre patronne,

Eh bien !

Que n’avons-nous un trône !

Vous m’entendez bien.

 
  • 1. Marmontel a fait des couplets pour Mme la maréchale de Luxembourg, au nom de Mme du Deffand qui lui faisait présenter un bouquet le jour de sa fête. Le couplet consistait en gimblettes d’or faites pour être parfilées. Le parfilage est aujourd’hui l’espèce d’étrenne et de bouquet le plus à la mode. Celui qui présentait les gimblettes était un enfant élevé par Mme de Lusembourg et que dans sa société on appelle l’ignorant quoiqu’il soit plein d’esprit et de gentillesse. Il a chanté les couplets suivants sur l’air Vous m’entendez bien, qui est le refrain de sa chanson (La Harpe)

Numéro
$5717


Année
1778

Auteur
Marmontel

Sur l'air de ...
Vous m'entendez bien

Description

6 x 6 dont refrain


Références

La Harpe, CL, t.II, p.140

Mots Clefs
poésie de circonstance pour la maréchale de Luxembourg