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Sans titre

 Quand Biron voulut danser1 (bis)

Sitôt il sut s’adresser (bis)

A d’Estaing, bon maître de danse,

Afin d’apprendre la cadence :

Au bruit du canon

Vous danserez, Biron.

 

Aussitôt mille instruments (bis)

Forment des concerts charmants (bis)

Pendant toute la sérénade,

L’Anglais faisait triste gambade

Au bruit du canon,

Pestant contre Biron.

 

Lorsque Biron eut dansé (bis)

Il s’enfuit tout harassé (bis)

Il s’était fait enfler la rate,

Il s’était rompu l’omoplate ;

Au bruit du canon,

Ne dansez plus, Biron.

 

Pour avoir bien cadencé (bis)

Vous êtes récompensé (bis)

Fier d’Estaing, par une grenade

Qui vaut mieux qu’une bigarade ;

Au bruit du canon,

Remerciez Biron.

 

N’aguère avec d’Orvilliers (bis)

Keppel danse des premiers (bis)

Il fut si content de la danse

Qu’il fit bientôt la révérence.

Au bruit du canon

Fuyant comme Biron.

 

Qu’avez-vous donc, Sir Hardi ? (bis)

Vous avez l’air interdit… (bis)

Bientôt sur les côtes d’Irlande

Vous aurez une sarabande.

Au bruit du canon

De même que Biron.

 

Quand Biron voulut danser2 (bis)

D’Estaing le fit trémousser (bis)

Mousquetade,

Grande aubade ;

Dans les hunes

Force prunes,

Mars en poudre,

C’est la foudre !

De leurs naces

Les carcasses,

Tout nous prouve

Que l’on trouve

Notre bal trop long.

Allez coucher, Biron.

  • 1On a attribué à M. de Beaumarchais une ronde sur l’air : Quand Biron voulut danser, qui a été chantée et dansée à la Cour même. En voici les paroles.
  • 2Les censeurs moroses du siècle déplorent dans leurs déclamations l’anéantissement de la gaieté française qui, selon eux, a dégénéré en bel-esprit. Le vaudeville qui la caractérisait a été, disent-ils, remplacé par de tristes arietttes et de froides saillies. Les succès du comte d’Estaing ont fait voir que nous n’étions qu’engourdis ; chez nous le génie militaire et l’esprit chansonnier ont toujours été unis ensemble, et il fallait de hauts faits de guerre pour ramener le goût patriotique du vaudeville. Les rues rententissent de ceux que chantent nos musiciens ambulants, le jour avec un tableau explicatif, et la nuit avec une chandelle allumée dans le chapeau ; c’est, s’il est permis de s’exprimer ainsi, le Te Deum du peuple. On a rappelé assez plaisamment, comme vous l’avez déjà vu, l’air et le refrain de l’ancien vaudeville : Quand Biron voulut danser. On l’annonce en criant à tue-tête sous ce titre : Bal donné à l’amiral Biron par le comte d’Estaing après la prise de Grenade. Voici le dernier couplet :

Numéro
$6428


Année
1779

Auteur
Beaumarchais, attribué à



Références

Mémoires secrets, 4 octobre 1779, t. VIII, p.353-54 et 360-61 (dernier couplet) - CSPL, VIII, 353-54