Chanson

Au sujet de Mlles Jacquet, Cartou et de madame Portail
Ah, que d’appas mon aimable Jacquet !
Sur ce double petit paquet1
Où tu mets ton bouquet
Que de feux quand tu coquètes !
Que d’esprit quand tu caquètes
Le gentil chiquet !
Tu séduis le héros, le roquet2.
Druide et freluquet
Donnent dns le toquet
Tes beaux yeux, d’amour le briquet,
Fixent le plus coquet.

Je n’ai rien vu d’ici juqu’au Pérou
De plus aimable que Cartou3
Et que son petit trou.
Ce joli trou que je loue
N’est que celui de sa joue
Et non ce bijou
Avec qui le héros de Rocoux4
Fit autrefois joujou
Et par qui le plus mou
Deviendrait plus ferme qu’un clou
Et le plus sage, fou.

Vois ces beaux yeux et ce joli portail,
Ce teint de lis, ces dents d’émail,
Ces lèvres de corail,
Quel ortolan ! quelle caille !
Le Turc n’a rien qui la vaille
Dans tout son sérail.
Elle plaît sans art, sans travail,
En gros comme en détail,
L’amour pour un long bail
Loge avec tout son attirail
Chez l’aimable Portail5.

  • 1. Chanteuse de l’opéra. Elle a beaucoup de gorge (M.).
  • 2. Elle en a eu de toutes les façons (M.).
  • 3. Chanteuse des chœurs de l’Opéra (M.).
  • 4. Le maréchal de Saxe, autrefois son amant (M.).
  • 5. Madame Portail, contre laquelle le mari a eu un procès en séparation pour cause de sa mauvaise conduite. Elle est fille de M. Fontaine, fermier général (M.).

Numéro
$3359


Année
1748 juillet

Sur l'air de ...
Je suis gaillard et j'ai bon estomac

Description

3 x 10


Références

F.Fr.13659, p.359-60

Mots Clefs
Mlles Jacquet, Cartou, Mme Portail, madrigal sur ces actrices de l'Opéra