Sans titre

Vrai miroir d’impudicité
Néry1 sans retenue
Au comble de l’impudicité
Est enfin parmi nous parvenue
Rhodope et Laïs, taisez-vous,
Julie et Messaline,
Cette bacchante parmi nous
Est une autre héroïne.

Sans cette étincelle en ses yeux,
Le feu qui la dévore,
On la voit guetter en tous lieux
Le galant qui l’adore,
Mais s’il croit seul avoir son cœur,
Quelle foi ridicule !
Non pour suffire à la fureur
Il faut plus qu’un Hercule.

Sont-ce langueurs, sont-ce transports,
Ou mal qu’on ne peut dire ?
A-t-elle cédé aux efforts
D’un amoureux délire ?
Pourquoi rester au lit par force
Au moins une semaine ?
Lui verra-t-on tous les neuf mois
Avoir quelque migraine ?

Crois-nous, Néry, reprends enfin
Une route contraire
Le mal n’est pas d’être catin
Mais de ne s’en pas taire.
Le scandale est à notre goût
Un crime impardonnable.
En silence tâte de tout,
Tu seras raisonnable.

Imite bien plutôt Iris
Que tout Paris contemple.
Pour l’amour, son noble mépris
Doit te servir d’exemple.
Les ris qui volent sur ses pas
Ne souillent point sa gloire
Jeune et sage avec mille appas,
Quelle noble victoire !

  • 1. Sur Mme la maqruise de Néry, dame de compagnie de Mlle de Sens, laquelle fit rompre le mariage du prince de Monaco avec Mlle de Bouillon (M.).

Numéro
$3852


Année
1740

Description

5 x 8

Notes

Réponse au numéro suivant


Références

F.Fr.12675, p.381-83 - F.Fr.15131, p.257 - F.Fr.15137, p.413-15 - Arsenal 2934, p.440-42 - 287-88

Mots Clefs
Marquise de Néry, nouvelle Messaline