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La joie des harengères sur la convalescence du maréchal de Villeroy

Sur le maréchal de Villeroy1
Je l’avions tant pleuré, ce beau maréchal2 ,
Qu’on disait n’être plus en vie,
Mais je le voyons à cheval.
Si j’osions suivre notre envie,
Je courerions après lui l’embrasser de bon cœur,
S’il venait à mourir je ne saurions plus rire,
Ce serait un grand malheur ;
Premièrement pour le roi, notre sire,
Puis pour les petits et les grands.
Dieu le conserve encor longtemps,
C’est tout ce que j’en pouvons dire,
Laissant le reste aux gens savants ;
Si j’avions leur beau langage,
Dame, j’en dirions bien davantage3 .

  • 1Autre titre : La joie des marchandes de poisson de la halle, sur le rétablissement de la santé de M. le maréchal de Villeroy (Clairambault)
  • 2ce brave maréchal (Marais)
  • 3« Le bruit qui s’était répandu que le maréchal de Villeroy était mort parut aussi intéresser beaucoup de personnes, jusque‑là qu’il fut obligé pour le dissiper de se laisser voir en public, et que les harengères lui envoyèrent une députation solennelle. Celle qui portait la parole attendrit tellement ce seigneur et sa famille que le duc et le marquis de Villeroy les embrassèrent toutes les unes après les autres et les reconduisirent en les remerciant de leur affection pour le maréchal et de leur zèle pour Sa Majesté. » (Mémoires de la Régence.) (R)

Numéro
$0355


Année
1720




Références

Raunié, III,166 - Clairambault, F.Fr.12697, p.383 - Maurepas, F.Fr.12630, p.226 - Marais, I, 181