Vers de Rousseau contre M. le Régent

Auguste, né sujet, pour devenir le maître,
Fut malgré lui cruel et renversa les lois ;
Et, depuis, empereur, d’une commune voix
Rome et le monde entier le tint digne de l’être.
Nous sommes dans le temps d’Auguste ambitieux :
On nous pille, on nous vole, et tout est légitime.
Si ce n’est point assez, s’il faut encore un crime1,
Qu’Auguste se dépêche et qu’il nous rende heureux2.

  • 1. On voit que le Régent était toujours en butte aux mêmes soupçons d’empoisonnement. Les précautions affectées prises par Villeroy n’avaient pas peu contribué à fortifier ces odieuses rumeurs. « Il portait sur lui, dit Saint‑Simon, la clef d’une armoire où il faisait mettre le pain et le beurre de la Muette dont le roi mangeait, avec le même soin et bien plus d’apparat que le garde des Sceaux celle de la cassette qui les renferme, et fit un jour une sorte d’éclat parce que le roi en avait mangé d’autres. Il fit une autre fois le même vacarme pour les mouchoirs du roi, qu’il gardait aussi. » On comprend sans peine que le public crût naïvement le roi en danger, du moment où il était privé de ce trop vigilant gouverneur. (R)
  • 2. Et que nous soyons mieux (F.Fr.12500) - Qui peut avoir fait ces horribles vers copiés en août 1722 ? (M.) (R)

Numéro
$0497


Année
1722

Auteur
Rousseau J.-B.

Description

Huitain


Références

Raunié, IV,134 - Clairambault, F.Fr.12698, p.242 et p.252 - Maurepas, F.Fr.1231, p.44 - F.Fr.9351, f°262v - F.Fr.12500, p.297 -  F.Fr.15018, 237r -NAF.2483, p.157 - Arsenal 3128, f°253r et f°265r - Stromates, I, 395

Mots Clefs
maréchal de Villeroy, exil, Régent, soupçon empoisonnement