Sans titre

Par un ordre exprès de son prince1,
Certain gouverneur de province
Allait y tenir les États.
On sait que, dans cette occurrence,
Pour la première fois on paye leur présence
D'environ cinq mille ducats.
On les lui présenta. « Nous voudrions mieux faire,
Dit l'orateur ;
C'est notre présent ordinaire,
Tel que nous l'avons fait au dernier gouverneur,
Qui, comme vous savez, seigneur,
Était le bon duc de Vendôme2,
Grand capitaine et galant homme.
Lequel, sans l'accepter, sensible à nos malheurs,
Daigna nous combler de faveurs.
– Messieurs, dit le matois, n'est-ce pas une fable ?
En serrant son argent dans son avide main.
– Point, repart l'orateur, ce fait est très certain.
– Je le crois ; mais ce prince était inimitable. »

  • 1. Conte fait sur le présent fait au maréchal de Villars à Marseille la première fois qu'il y fut pour tenir les Etats de Provence en qualité de gouverneur (F.Fr.9352) - Vers sur le voyage que fit en Provence l’an 1717 M. le maréchal de Villars pour prendre possession de ce gouvernement (Lyon MS1673)
  • 2. César, duc de Vendôme, fils aîné de Henri IV et de Gabrielle d’Estrées, avait été créé gouverneur de Bretagne en 1598 ; le duc de Mercœur, dont il épousait la fille, se démit de ses fonctions en sa faveur. — Montesquiou avait eu pour prédécesseur immédiat le maréchal de Châteaurenaud. (R)

Numéro
$0214


Année
1717

Description

19 vers


Références

Raunié, II,267 - F.Fr.9352, f°124v-125r - Lyon BM,MS1673, f°87v

Mots Clefs
maréchal de Villars, Etats de Provence, avidité