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Requête à M. Hérault

Requête à M. Hérault1
Juge éclairé, qui par ta vigilance
Des filles de Vénus troubles les plus beaux jours,
En ma faveur laisse agir ta clémence :
Lorsque tout rit, pleurerai-je toujours ?
L’exil où tu m’as condamnée
Me paraît d’autant plus cruel
Que j’apprends par la renommée
Que la ville ouvre son hôtel
A plus d’une Laïs, qui par son train de vie,
Digne d’un plus grand châtiment,
Devrait à Sainte-Pélagie
Occuper mon appartement.
Sur moi jette un regard propice,
Tire-moi de ces tristes lieux,
Souvent on corrige le vice
En pardonnant aux vicieux ;
Mais quand même il serait possible
Que l’on me revît à Cypris,
Quand je serais incorrigible,
Qu’est-ce qu’une catin de plus dans un Paris ?

  • 1Autre titre: Vers envoyés à M. Hérault par Mlle Poupart… août 1739 (Arsenal 3133) - Présentée par la Poupart, cabaretière, que le lieute­nant de police avait fait enfermer à Sainte‑Pélagie, au moment des fêtes données par la ville de Paris. (M.) (R

Numéro
$0898


Année
1739




Références

Raunié, VI,258 - F.Fr.15140, p.277-78 - F.Fr.15149, p.344-45 -  Arsenal 3128, f°265v - Arsenal 3133, p.423 - Dubuisson, p. 552