Appel au futur concile de la bulle qui supprime le nom de Plantevit et qui a pour titre Je vois hélas

Appel au futur concile de la bulle qui supprime le nom de Plantevit1
Pardevant Jean Chevart, notaire apostolique,
Messire Plantevit, dit l’abbé de Margon,
Fut présent2, protestant contre une bulle inique
Qui condamne et flétrit la gloire de son nom.
Mais voulant à notre Saint-Père
Rendre l’honneur que lui défère
La chrétienne société,
Pour exciter la charité
De ses paternelles entrailles,
La plus humble de ses ouailles
A recours contre les débats
Que la bulle Je vois hélas
Va causer dans toute l’Église3 ;
Ayant récité tout d’abord
L’hymne du Veni creator
D’une âme dévote et soumise,
Requiert le saint pape Clément
De réformer son mandement.
Par un seul mot l’auteur du monde
Rendit la nature féconde,
Ce mot doit-il être proscrit ?
Ainsi la loi fut établie.
Il dit à l’homme : Multiplie,
N’est-ce pas dire Plantevit ?
Tel fut le nom de mes ancêtres,
Je ne le pris pas à l’autel,
Et sur un titre temporel
Que peut le jugement des prêtres ?
Clément doit-il porter sa loi
Jusques au delà de l’Église ?
Quel attentat, quelle méprise !
Comme un faux article de foi
Proscrire mon nom, ma devise,
C’est usurper les droits du Roi ;
Qu’il se borne à sa litanie,
A donner des rangs et des noms
Aux mages de l’Épiphanie4,
Sans étendre sa tyrannie
Sur les titres de nos maisons.
Ainsi l’hérétique raisonne,
Le libertin s’en applaudit
Et cette bulle pervertit
Toute catholique personne.
On se scandalise, on s’étonne
De voir le nom de Plantevit
Que l’auteur du monde bénit5,
Frappé d’un injuste anathème ;
Nom, par lequel tout ce qui vit,
Tout ce qui reçoit le baptême,
Se perpétue et se produit.
Que plutôt dans la kyrielle
Aux saints, aux docteurs de la loi
Ce nom soit mis en parallèle.
Si l’apôtre planta la foi
Plantevit produit le fidèle,
Saint Paul même s’en est servi
Quand il dit : plantavi6.
Le premier jardinier du monde
Planta cette plante féconde
Par l’ordre exprès du Tou-tPuissant,
Et c’était le seul exercice
Qui, dans le jardin de délice,
Enchantait le premier parent.
Par un sacrifice sanglant7,
Jadis, la majesté suprême
Signa sur cette plante même
Le pacte de l’ancienne loi,
Premier sacrement de la foi
Auquel succéda le baptême ;
Et cette circoncision
Qui par le fer tranche, corrige
Le superflu de cette tige,
Ne fut prescrite, ce dit-on,
Que pour la rendre plus utile,
Plus vigoureuse, plus fertile,
Aux brûlants climats de Sion8.
Son nom si révéré des sages,
Sous mille diverses images,
Dans la Bible nous est tracé ;
La verge d’Aaron et des mages
Et la racine de Jessé9,
De Joseph la verge fleurie10,
L’arbre même du fruit de vie11,
Tout nous rappelle ce grand nom ;
Et Dieu, dans les pages divines,
Par des roseaux, verges, racines,
Planteur, jardinier, vigneron,
Se symbolise et s’interprète.
De l’Olympe et du Phlegeton
Nulle merveille ne fut faite
Que par vertu d’une baguette12 ;
Tout s’explique du même ton,
Et l’on ne croit point au prophète
Qui n’a ni verge ni bâton.
J’aperçois les trames cachées
De cette secte d’imposteurs
Qui corrompt nos lois et nos mœurs
Par ses maximes relâchées,
Elle-même, n’en doutons pas,
Par la bulle Je vois hélas,
Veut s’élever sur nos ruines,
Car si le bref est accepté
Les lois humaines et divines
Ne seront plus en sûreté.
Le dévot même sans scrupule,
Trompé par le sens de la bulle,
Croit que le Pontife romain
Contre la naturelle pente
Lui permet de mettre sa plante
Dans un infertile terrain
Au détriment du genre humain.
Et déjà les plus saintes âmes,
N’osant plus regarder les femmes
Que comme le fruit défendu,
Nous citent Margon pour exemple,
Inutile, banni du temple,
Excommunié, confondu,
Honni de l’Église latine,
Et de la secte tambourine13
Le glaive sur lui suspendu
Pour s’être écarté du saint rite
De l’Italie et du jésuite ;
Et voilà l’unique péché
Que Loyola m’ait reproché.
Cependant sa parole aimable
A la nature favorable
De maint privilège flatta
Ce que le père Adam planta.
Fauteur de la morale aisée,
Je pourrais citer de Gazée14
La pieuse joyeuseté
Et la gaillardise dévote.
Sanchez15 apprit à la bigote
L’exercice de volupté,
Et sur la plante nuptiale
A fait un traité de morale,
Rare ouvrage qui n’est sorti
De la tête d’un apprenti.
Un autre avec moins d’énergie16
Comme un point de théologie
Nous a démontré les vertus
De prius et posterius.
Par autorités décisives,
Escobar en style romain
Relève les prérogatives
De la tige du genre humain17.
D’Ignace la règle indulgente,
Au pécheur tout sucre et tout miel,
Sachant qu’ici-bas tout mortel
Ne se détache de sa plante,
Voulut l’adresser vers le ciel,
Divertir l’appétit charnel
Par l’aspect des saintes images
Des anges, des saints personnages,
Les incarner dans notre esprit
Jusques à croire qu’on les touche
Qu’on prend un baiser sur leur bouche.
Voilà ce qu’Ignace18 prescrit
Dans cette vie spéculative,
Faisant trouver par ce secret
Le plaisir de la vie active
Pour le jésuite discret
Qui, plein du zèle qui l’embrase,
S’abandonne dans l’oraison ;
Catholique Pygmalion,
Un tableau le tient en extase,
Car, dépouillés des vains atours
Des bandeaux qu’Ignace déteste,
Nos anges sont dans tout le reste
Des Cupidons et des Amours.
Ainsi, disent les jansénistes
Que, de tout temps, les molinistes
Furent adorateurs zélés
De ces divins enfants ailés,
Séduits par la vaine créance
Que de telle concupiscence
Les plaisirs ne sont interdits.
Dans la retraite et le silence,
Les jeunes frères ébaudis
Jouissent ainsi par avance
Des avant-goûts du paradis19,
Et, par les transports extatiques,
S’unissant aux cœurs angéliques,
Goûtent sans y penser à mal
Un vrai plaisir de cardinal.
Vers ces autels toujours guidées,
Leurs mœurs, leurs autels, leurs écrits,
Tout nous répond de leurs idées,
Même un auteur des plus hardis,
Fécond en systèmes étranges20,
Dit que les hommes et les anges
S’uniront dans le paradis.
Et pourtant mon nom dans la gloire
Comme Mahomet l’a fait croire
Nous démontre sans contredit
L’éternité de Plantevit.
Salomon, des rois le plus sage21,
De ce nom approuva l’usage
Dans son Cantique si vanté ;
Jamais homme n’a tant planté.
Tout ce qu’on lit dans l’Écriture
Revient toujours à la nature.
Se peut-il sans émotion,
Sans que l’humanité frémisse,
Lire bref jugeant au supplice
Par totale amputation
La plante dont je tiens le nom.
Jamais pour action pareille
Pape ne prit le glaive en main.
Pierre ne coupa qu’une oreille,
JésuChrist la remit soudain.
N’est-ce point l’erreur d’Origène
Qui se soumit à tel affront
Ayant abusé de l’antienne
Beati qui castraverunt,
Usage abhorré sur la terre
Et que défend notre Saint-Père,
A tous fors à son chambellan
Qui remplit ses chœurs de musique
D’eunuques à voix angéliques22
Pour les plaisirs du Vatican.
Se peut-il qu’un pape si sage
Que notre Saint-Père Clément
Du baptême et du mariage
Tranche le premier instrument.
Qu’il nie une grâce efficace,
Nous y soumettons nos esprits,
Mais peut-il croire qu’on lui passe
Un bref qui met à la besace
Nos plus gros curés de Paris !
Vous qui d’une plante si rare
Êtes inquisiteurs bénins,
Par qui nul ne prend la tiare
Sans les deux témoins masculins23,
Vous qui, connaissant l’importance
Du défaut de cette puissance,
Pour éclaircir le cas douteux
Sur la plante pontificale,
Portez sans crime et sans scandale
Et vos doigts sacrés et vos yeux,
Grands cardinaux, je vous atteste
Protecteurs nés des Plantevit,
Révoquez la bulle funeste
Que fit Clément sans vos avis,
Bulle inique, bulle profane,
Produite proprio motu,
Qui, dans l’Église gallicane,
N’aura ni force ni vertu.
A ces causes ! vu l’injustice
De cette bulle subreptice
Qui désole l’homme dévot
Et la vigne de Sabahot,
Par révérence j’en appelle
Au Saint-Père mieux informé,
Me tenant toujours renfermé
Au bercail de l’agneau fidèle ;
Mais, pour me rendre encor plus sûr,
Au prochain concile futur
Et à l’Église universelle,
Où se trouvera, s’il lui plaît,
Pour président le Paraclet,
En colombe et en feu visible,
Afin qu’il ne soit plus loisible
De douter un moment du fait.
Depuis cet antique miracle
Qu’il opéra dans le cénacle,
A Rome, on ne le voit encor
Tomber du ciel qu’en lames d’or,
Ainsi que le dieu de la fable.
Qu’il y tombe en pluie de feu,
Dût-il mettre la ville en cendres,
Et la peau délicate et tendre
Du jeune cardinal neveu.
Si tel je le voyais descendre,
Je m’y rendrais avec respect,
Faute de quoi tiendrai suspect
École, synode ou concile
Et tout jugement inhabile,
Mondit appel interjetant,
Jusques au dernier jugement.
Que tous évêques imbéciles,
Tous curés, prêtres ou prélats
Soumettent leurs esprits faciles
A la bulle Je vois hélas.
Ils ne fléchiront mon audace
Et ne m’en estime vaincu ;
Un brave Français qui fait face
Vaut cent Romains montrant le cu.
Je tiendrai donc pour ridicule
Et proteste de nullité,
Me munissant de la cédule
De nos lettres Apostolos.
Que, si quelque moine crédule
Vient nous menacer de fagots,
Prions qu’il soit dans sa cellule
Fouetté jusqu’à Vitulos.
Protestons en outre au fidèle
Qu’en cette pieuse querelle,
Que le pape émut contre moi,
Sans rien avancer qui combatte
Les droits de la sainte écarlate
Ni la substance de la foi,
J’y défends le nom que je porte
Contre cette noire cohorte,
Qui voudrait encor m’arracher
Ce qui me reste de plus cher,
Couper un membre de l’Église
Contre la défense précise
D’y faire aucun acte sanglant,
Qu’en mariage seulement.
C’est le seul point que je conteste,
Et me soumets dans tout le reste
A ce que le pape prescrit,
Sans vouloir même en être instruit.
Formulaire, bulle, symbole,
Je croirai tout, sur sa parole,
S’il veut me laisser Plantevit.
Mais que du moins il se souvienne
Qu’à saint Pierre a dit le Sauveur :
Remets ton couteau dans la gaine.
Ma plante ne doit rien au saint inquisiteur,
Malgré Bible, canons, conciles, anathème,
J’ai vécu Plantevit et je mourrai de même.

  • 1. Appel interjeté au futur concile de la bulle qui condamne le nom de Plantevit, et qui a pour titre : Je vois hélas. (M). — Le Journal de Marais nous fournit d’utiles renseignements sur cet appel bizarre et unique en son genre, imaginé par le trop facétieux abbé de Margon : « L’abbé Margon, qui est prisonnier à la Conciergerie, est un esprit des plus dangereux et un génie étonnant. Il a feint que le pape Clément XI a donné une bulle pour supprimer son nom qui est Plantevit, d’une ancienne famille. Il a fait en vers français un appel au concile de cette bulle pour se moquer de ces appels et les parodier. On voit dans cette pièce, qui est excellente et un chef-d’œuvre en son genre de malice et d’impiété, tout ce que l’on peut imaginer de libre ; et ce qu’il a pu tirer des écritures et des auteurs sur ce nom de Plantevit est déduit avec une éloquence nouvelle et des tours singuliers, et il y fait entrer une critique de Sanchez, Escobar, Henriquez et de plusieurs autres jésuites, même des Exercices de saint Ignace, dont il a fait un abrégé excellent Cela est orné de notes en prose qui valent bien les vers et qui apprennent beaucoup de particularités. On ne sait qui a fait courir cette pièce qui montre qu’il a beaucoup d’esprit, mais qu’il n’est bon qu’à enfermer. » Nous donnons d’après le Recueil Clairambault les notes signalées par Marais, qui nous dispensent de tout commentaire. (R)
  • 2. Les appels au futur concile sont des actes qui se font ordinairement par‑devant notaire. (M.) (R)
  • 3. Les bulles prennent leur nom des premiers mots par où elles commencent (M.) — Il est bien entendu que la bulle Je vois hélas n’a jamais existé que dans l’imagination facétieuse de l’abbé de Margon. (R)
  • 4. On a imaginé des noms et des vertus aux trois rois qui adorèrent Notre‑Seigneur ; on les invoque comme des saints, on a même écrit leur vie, quoique l’ancienne histoire n’en ait jamais parlé. La plupart des jeunes filles attribuent à leurs noms des vertus magiques et s’en servent pour deviner si leurs amants sont fidèles, et qui elles auront pour mari. (M.) (R)
  • 5. L’Écriture dit que Dieu bénit Adam et Ève en leur disant : Croissez, multipliez benedixitque illis dicens : crescite et multiplicamini. (Genes., chap. II, V. VIII) (M.) (R)
  • 6. Saint Paul a dit qu’il avait planté, et qu’Apollon avait arrosé : Ego plantavi, Apollo rigavit. (M.) (R)
  • 7. La circoncision fut le premier et l’unique sacrement de l’ancienne loi ; ce fut sur le prépuce que Dieu signa le pacte de son alliance avec les hommes ; hoc est pactum memum, dixit Deus, inter me et vos, circumdatis carnem preputii vestri. Abraham fit le premier cette opération sur lui‑même à quatre‑vingts ans. Cette partie doit être sans doute bien noble, bien précieuse et bien respectable, puisque Dieu l’a choisie pour établir son pacte et son premier sacrement. (R)
  • 8. On voit assez dans l’Écriture par les promesses que Dieu faisait aux circoncis et par leur propagation que la circoncision était nécessaire pour les rendre sains et féconds. (Exode, chap. VII.) (M.) (R)
  • 9. >Egredetietur virga de radice Jessé. (Exode, chap. VII.) (M) (R)
  • 10. Selon la loi des Israélites, quand une fille était recherchée par plusieurs prétendants, ils se présentaient tous au temple avec une verge ou baguette, et celui dont la verge fleurissait miraculeusement devenait son époux ; c’est ainsi, dit‑on, que la vierge Marie fut donnée à Joseph. (M.) (R)
  • 11. Il y a des saints auteurs et même des Pères qui prétendent que l’histoire du fruit défendu est une allégorie de la conjonction charnelle d’Adam et d’Ève. (M.) (R)
  • 12. Dans toutes les religions, on s’est toujours servi de verges ou baguettes miraculeuses qui avaient la vertu d’émouvoir le ciel ou les enfers. (M). (R)
  • 13. C’est la secte des jésuites, ainsi appelée par M. Pascal, du nom de Tambourin, un de leurs docteurs fameux par les relâchements de sa morale. (M.) (R)
  • 14. Le père Gazée, jésuite, fit imprimer un livre de facéties spirituelles et intitulé d’abord Pia hilaria ; un autre jésuite s’avisa depuis de le traduire en français sous le titre ridicule de Saintes joyeusetés et pieuses gaillardises du R. P. Angelin Gazée. (M.) (R)
  • 15. Le père Sanchez, l’un des plus fameux docteurs jésuites, nous a donné un traité fort étendu de tous les cas qui peuvent arriver dans le lit du mariage, où l’on voit que ce bon père, que les jésuites ont surnommé le chaste Sanchez, en savait plus que l’Arétin. Mais c’était, selon les jésuites la grande habitude du confessionnal qui l’avait si bien instruit, et il nous marque qu’il écrivit tout son livre à genoux et devant le crucifix. Voyez une de ses questions dévotes pour lesquelles il implorait les lumières du Saint‑Esprit : Utrum sodomia inchoata cum virga sape sapius lambente in vasi posteriori possit debite et legitime consummari in vasi naturali ;il décide que cela se peut faire et il conseille même d’en user ainsi avec une femme enceinte afin de ne pas l’incommoder. (M.) (R)
  • 16. Le Père Tiphani jésuite a fait un traité de priori et posteriori. (M.) (R)
  • 17. Escobar, dont tout le monde connaît la morale relâchée qui dispense du maigre et du jeûne en carême ceux qui sont en habitude de péché mortel avec une fille ou une femme, pourvu que l’on ne le fasse pas en vue de se dispenser du carême, auquel cas ce serait un double péché. (M.) (R)
  • 18. Le livre des Exercices spirituels que les jésuites disent avoir été dicté par la Vierge même, apprend une nouvelle méthode de méditer ou de faire une oraison mentale dans une retraite spirituelle de quatre semaines ; il fait consister toute la ferveur et tout le mérite de la prière à se représenter vivement l’objet sur lequel on médite, soit un ange, un saint ou quelqu’une des deux pieuses personnes, car il n’est guère d’oraison qui ne soit accompagnée de tels personnages ; et, même si on médite sur un vice ou sur une vertu, il veut que l’esprit se les représente sous des emblèmes ou des personnages réels qui les caractérisent, il veut qu’on s’imagine les avoir présents et que nos sens soient affectés de la même manière que s’il les touchait ; il ordonne même de les baiser, et de les embrasser étroitement, surtout quand ce sont des personnages qui le méritent…
  • 19. Gabriel de Elar, professeur en théologie au collège royal de la compagnie à Salamanque, a fait un volume in‑folio en 1632, intitulé : Epireologia seu philosophia christiana de l’Empireo calo, qu’on peut traduire : Relation curieuse du paradis et de ses habitants. (M.) (R)
  • 20. Louis‑Henrique, jésuite, dans son livre intitule : Occupation des saints dans le ciel, assure qu’il y aura un souverain bien à embrasser les anges qui auront des corps d’une beauté inconcevable, que les anges et les bienheureux se baigneront à la vue des uns des autres, qu’ils nageront comme des poissons, que les anges s’habilleront quelquefois en femmes ; il nedit pas pourtant qu’ils en auront le sexe, car il les tient masculins, ils paraîtront aux saints avec les cheveux frisés, des jupes, des vertugadins, du beau linge, etc. Voilà le paradis des jésuites. Le père Le Moine, dans son Histoire des femmes fortes dit sur l’histoire de la belle Hongroise, que combattant avec son mari à la brèche d’une ville assiégée, percés de coups tous les deux et prêts à rendre les derniers soupirs, ils s’embrassèrent et s’unirent charnellement pour se donner le dernier adieu, et rendirent l’âme dans cet état – sur quoi le père Le Moine ajoute : Il est notoire que Dieu qui est l’auteur des chastes unions les reçut ainsi dans son paradis et les tient ainsi couronnés de même gloire. (M.) (R)
  • 21. Les jésuites ont fait plusieurs ouvrages sur le Cantique des cantiques de Salomon, pleins d’expressions et d’images lubriques ; il ne faut que lire celui qui a pour titre : Les saintes flammes de l’époux à l’épouse. (M.)
  • 22. L’usage des castrations est commune et tolérée à Rome pour avoir de belles voix ; les pères et les mères y font impunément couper leurs petits enfants pour les met­tre pages de la musique du pape, et dans celles des églises ou des princes d’Italie. (M.) (R)
  • 23. On consacre à Rome une chaise de pierre percée au siège comme une chaise de commodité, c’est là où l’on fait asseoir le pape et où l’on dit que les cardinaux exa­minent sa virilité avant de l’installer (M.) (R)

Numéro
$0775


Année
1726

Description

323 vers


Références

Raunié, VI,38-53 - Clairambault, F.Fr.12699, p.379-90 -Maurepas, F.Fr.12631, p.379-94 -  F.Fr.12500, p.281-91 - Arsenal, Archives de la Bastille 10953, non numéroté - Bouhier-Marais, I, 136 (citation de 12 vers)

Mots Clefs
Jansénisme, Margon, Plantevit