Sur Mgr de Mailly

Quand un fanatique sénat
Fait brûler comme criminelle
La lettre qui nous vient d'un auguste prélat,
Sa fureur la rend immortelle ;
Et la main du bourreau qui s'exerce sur elle1,
Ne lui donne que plus d'éclat.
Mais, pour cette injuste sentence,
Dont le sage s'étonne peu,
Le premier Parlement de France
Sera nommé par excellence
Le Parlement des boutefeu.

  • 1. Ce ne fut point le bourreau qui brûla l’écrit de l’archevêque, ainsi que nous l’apprend une prétendue lettre adressée par Samson de Longueval à Mgr de Mailly. « Permettez, y est‑il dit, que je vous témoigne respectueusement, Monseigneur, combien je suis touché de n’avoir pas exécuté l’arrêt du Parlement qui condamnait votre dernière lettre à être brûlée par mes mains. Je ne me consolerai jamais d’avoir vu honorer de cette commission un misérable guichetier. Je me faisais un plaisir singulier d’être l’instrument de votre élévation prochaine au cardinalat, car personne ne doute que la flétrissure que vous eussiez reçue par mon ministère ne vous eût valu le chapeau. » (R)

Numéro
$0291


Année
1718

Description

11 vers


Références

Raunié, III,51-52 - Clairambault, F.Fr.12697, p.119

Mots Clefs
Jansénisme, Mailly, archevêque de Reims, lettre au régent, Parlement, condamnation