Les Cent une propositions condamnées par la bulle Unigenitus avec leurs qualifications

Les cent une propositions condamnées par la Bulle Unigenitus1
Sans son Dieu l’âme est sans soutien ;
Sans grâce il ne lui reste rien
Que péché, qu’impuissance au bien.
Clément le nie, et voilà comme
L’homme, sans Dieu, peut tout à Rome.

Il faut une grâce au chrétien,
Qui, de soi, fasse en lui le bien ;
Sans son secours il ne peut rien.
Clément le nie, et voilà comme
On dément Jésus-Christ à Rome.

En vain, Seigneur, vous commandez,
Si vous-même vous n’accordez
Les vertus que vous demandez.
Clément le nie, et voilà comme
Pelage fit jadis à Rome2.

Oui, tout est possible à celui
Dont la faiblesse a pour appui
La grâce qui le fait en lui.
Clément le nie, et voilà comme
On peut le bien sans grâce à Rome.

La plus vive exhortation
Ne fait sans l’esprit d’onction
Qu’endurcir par occasion.
Clément le nie, et voilà comme
On convertit sans grâce à Rome.

Sous la loi, Dieu nous a fait voir
L’homme impuissant à son devoir,
Sous la grâce il fait tout pouvoir.
Clément le nie, et voilà comme
Les deux lois n’en font qu’une à Rome.

Sous le joug pesant de la loi,
Dieu laissa l’homme faible à soi ;
La grâce vint avec la foi.
Clément le nie, et voilà comme
La loi vaut l’Évangile à Rome.

Je n’appartiens à Jésus-Christ,
Qu’autant que Dieu, par son Esprit,
Fait en moi ce qu’il me prescrit.
Clément le nie, et voilà comme
Saint Paul n’est qu’un menteur à Rome.

Nul ne peut confesser le Christ
Sans la force de son Esprit,
Avec lui nul ne le trahit.
Clément le nie, et voilà comme
On redresse saint Paul à Rome.

La grâce, cet un effort puissant
De la main du Dieu tout-puissant
Malgré tout obstacle agissant.
Clément le nie, et voilà comme
On se connaît en grâce à Rome.

La grâce, tout bien discuté,
N’est en Dieu que sa volonté,
Qui fait ce qu’il a commandé.
Clément le nie, et voilà comme
On se connaît en grâce à Rome.

Quand Dieu tout-puissant veut sauver,
Ce qu’il veut ne peut qu’arriver.
Prosper a su le bien prouver.
Clément le nie, et voilà comme
Les Pères sont traités à Rome.

Le salut d’une âme est certain,
Quand Dieu la touche de sa main ;
Sous lui fléchit tout cœur humain.
Clément le nie, et voilà comme
On croit Dieu tout-puissant à Rome.

Quelque loin que soit un pécheur,
Quand Jésus se montre à son cœur,
Il faut qu’il coure à son Sauveur.
Clément le nie, et voilà comme
Jésus-Christ se fait suivre à Rome.

Quand l’onction du Saint-Esprit
Se joint à ce que Dieu prescrit,
A sa parole on obéit.
Clément le nie, et voilà comme
La grâce est efficace à Rome.

Le charme le plus séduisant
Contre la grâce est impuissant,
Rien ne résiste au Tout-Puissant.
Clément le nie, et voilà comme
Notre Credo s’abrège à Rome.

La voix du Père attire au Fils,
Quiconque l’entend est soumis ;
Qui ne vient point n’a point appris.
Clément le nie, et voilà comme
On croit à l’Évangile à Rome.

De la parole le bon grain
Produit toujours un fruit certain,
Quand Dieu l’arrose de sa main.
Clément le nie, et voilà comme
Dieu même en vain travaille à Rome.

La grâce c’est la volonté
Du Tout-Puissant ; la vérité
Dans les saints livres l’a dicté.
Clément le nie, et voilà comme
On entend l’Écriture à Rome.

Connaissez la grâce à ce trait :
Ce que Dieu veut a son effet ;
Il parle en maître, et tout se fait.
Clément le nie, et voilà comme
Dieu veut plus qu’il ne peut à Rome.

Le Père en nous opère autant,
Que dans son Fils en l’incarnant,
Ou même en le ressuscitant.
Clément le nie, et voilà comme
La grâce est au rabais à Rome.

Notre coopération
Avec la divine action
Se voit dans l’Incarnation.
Clément le nie, et voilà comme
On a des yeux sans voir à Rome.

Tout être qui du néant sort,
Tout homme tiré de la mort,
De la grâce exprime l’effort.
Clément le nie, et voilà comme
La grâce est toujours faible à Rome.

Ce que le centenier a dit
Du corps que d’un mot Dieu guérit,
Fait voir ce qu’il peut sur l’esprit.
Clément le nie, et voilà comme
L’Église est d’accord avec Rome3.

Dieu par sa volonté guérit
Les maux du corps et de l’esprit ;
Il commande, et tout obéit.
Clément le nie, et voilà comme
Dieu ne peut que ce que veut Rome.

Lorsque Dieu m’inspire la foi,
Je m’approche de lui, je crois,
Sans quoi point de grâce pour moi.
Clément le nie, et voilà comme
On est sauvé sans croire à Rome.

La foi, c’est le premier des dons ;
C’est à la foi que nous devons
Tous les dons que nous recevons.
Clément le nie, et voilà comme
Sans croire on obtient tout à Rome.

Quand Dieu rend au pécheur sa paix
En lui pardonnant ses forfaits,
C’est le premier de ses bienfaits.
Clément le nie, et voilà comme
Sur les mots on chicane à Rome4.

Tant que hors de l’Église on vit,
On est privé de Jésus-Christ ;
Et sans ressource on y périt.
Clément le nie, et voilà comme
Hors de l’Arche on se sauve à Rome.

Certainement Dieu sauvera
Tous ceux des hommes qu’il voudra ;
Et pas un d’eux ne périra.
Clément le nie, et voilà comme
Dieu fait moins qu’il ne veut à Rome.

De Jésus-Christ tous les souhaits
Ont leurs infaillibles effets ;
Dans les cœurs ils portent la paix.
Clément le nie, et voilà comme
On croit à l’Évangile à Rome5.

A la mort vous vous condamnez,
Jésus, pour sauver les aînés,
Qui sont tous vos prédestinés.
Clément le nie, et voilà comme
On sauve les damnés à Rome.

Ah ! qu’il faut être mort à soi !
Ah ! qu’en Jésus il faut de foi !
Pour dire : Il s’est livré pour moi.
Clément le nie, et voilà comme
De soi-même on présume à Rome.

Le mérite dans l’homme saint
Pourrait selon saint Augustin
Se nommer un mérite humain.
Clément le nie, et voilà comme
Ce Père n’est qu’un s… à Rome.

La grâce qu’Adam recevait
De sa création suivait ;
A son état Dieu la devait.
Clément le nie, et voilà comme
Dieu n’est qu’à demi juste à Rome.

Adam reçut la grâce en soi,
Aujourd’hui par une autre loi
De Jésus elle coule en moi
Clément le nie, et voilà comme
La branche vit sans l’arbre à Rome.

La grâce aidait l’homme innocent,
Mais à l’homme faible à présent
Il faut un secours plus puissant.
Clément le nie, et voilà comme
Le péché ne nuit point à Rome.

Sans Jésus par un sort fatal,
L’homme au plus vil esclave égal
N’est plus libre que pour le mal.
Clément le nie, et voilà comme
Les malades sont sains à Rome.

Il n’a d’yeux que pour s’égarer,
D’ardeur qu’à se précipiter,
De force que pour se blesser.
Clément le nie, et voilà comme
Le faible est sans faiblesse à Rome.

L’amour que Dieu n’a point donné,
Est un amour désordonné,
Et de Dieu sera condamné.
Clément le nie, et voilà comme
L’amour-propre est sans crime à Rome.

La science sans charité
Ne produit rien que vanité,
Qu’orgueil et qu’infidélité.
Clément le nie, et voilà comme
Jadis saint Paul instruisait Rome.

De la foi naît la sainteté :
Sans elle rien qu’impureté,
Sans elle rien qu’indignité.
Clément le nie, et voilà comme
L’homme à Dieu sans foi plaît à Rome.

D’un baptisé tel est le sort,
Que, quand du sein de l’onde il sort,
Pour le monde il est comme mort.
Clément le nie, et voilà comme
Saint Paul écrivait faux à Rome.

A deux amours je suis réduit :
Au bien toujours l’un me conduit,
Par l’autre tout mal est produit.
Clément le nie, et voilà comme
En amour on est neutre à Rome.

Un cœur vide de charité
Se remplit de cupidité,
Il n’en sort plus qu’impureté.
Clément le nie, et voilà comme
On n’est ni net ni sale à Rome.

Des sens l’usage est réputé
Bon, s’il vient de la charité ;
Mauvais, si c’est cupidité.
Clément le nie, et voilà comme
De ses sens l’homme est maître à Rome.

Le fruit de la fidélité,
S’il ne naît de la charité,
N’est que stérile probité.
Clément le nie, et voilà comme
On se croit saint sans l’être à Rome.

Sans Christ, sans foi, sans charité,
Ce n’est en nous qu’obscurité,
Qu’égarement, qu’impureté.
Clément le nie, et voilà comme
On sauve les Chinois à Rome.

Sans l’amour-propre du pécheur,
Nul mal ne se fait dans le cœur ;
Nul bien sans l’amour du Seigneur.
Clément le nie, et voilà comme
L’amour de Dieu se prêche à Rome.

Criez à Dieu soir et matin :
Mon père ! Vous criez en vain,
Si ce n’est par l’amour divin.
Clément le nie, et voilà comme
L’amour de Dieu se prêche à Rome.

La foi produit la sainteté,
Quand elle opère en vérité,
Mais ce n’est point sans charité.
Clément le nie, et voilà comme
L’amour de Dieu se prêche à Rome.

Du salut le germe est la foi,
Mais ce germe que je reçois,
Sans l’amour est stérile en moi.
Clément le nie, et voilà comme
Sans sève l’arbre pousse à Rome.

Si pour Dieu l’on ne fait le bien,
Quoique ce qu’on fait soit chrétien,
Chrétiennement on ne fait rien.
Clément le nie, et voilà comme
Les démons sont chrétiens à Rome.

L’amour au Dieu de charité
Parle seul avec liberté ;
De Dieu lui seul est écouté.
Clément le nie, et voilà comme
L’esclave au fils s’égale à Rome.

Dieu ne couronne que l’amour,
Et, pour le céleste séjour,
Toute autre voie est un détour.
Clément le nie, et voilà comme
On peut pour guide prendre Rome.

Le prix aux justes préparé,
A l’amour seul est déféré.
Dieu par lui seul est honoré.
Clément le nie, et voilà comme
Le culte est sans amour à Rome.

Sans l’espoir tout manque au pécheur,
Et nul sans amour dans le cœur
Ne peut espérer au Seigneur.
Clément le nie, et voilà comme
Le diable même espère à Rome.

Il n’est ni Dieu, ni piété,
Ni culte, ni divinité,
Qu’où se trouve la charité.
Clément le nie, et voilà comme
On sert Dieu sans l’aimer à Rome.

Les vœux d’un obstiné pécheur
Ne font qu’irriter le Seigneur,
Ou Dieu l’exauce en sa fureur.
Clément le nie, et voilà comme
Le Saint-Esprit s’abuse à Rome.

Si le repentir du pécheur
N’est animé que de la peur,
Il le conduit à son malheur.
Clément le nie, et voilà comme
On sauverait Judas à Rome.

La peur n’arrête que la main,
Le péché plaît au cœur humain,
Tant qu’il est sans amour divin.
Clément le nie, et voilà comme
Pharaon serait saint à Rome.

Qui s’abstient du mal par la peur ;
Le commet encor dans le cœur,
Et devant Dieu reste pécheur.
Clément le nie, et voilà comme
On sauve Antiochus à Rome.

Un baptisé malgré sa foi,
Ainsi qu’un juif est sous la Ioi,
S’il n’obéit que par effroi.
Clément le nie, et voilà comme
Les juifs sont bons chrétiens à Rome.

Sous la loi nul bien ne se fait ;
Car on fait le mal en effet,
Ou par la peur seule on l’omet.
Clément le nie, et voilà comme
Les juifs sont bons chrétiens à Rome.

Moïse et les docteurs suivants
N’ont point à Dieu donné d’enfants ;
Des esclaves c’était le temps.
Clément le nie, et voilà comme
Les juifs sont bons chrétiens à Rome.

Nul ne doit venir au Seigneur
Comme les brutes par terreur ;
Mais d’un enfant avoir le cœur.
Clément le nie, et voilà comme
La bête est en honneur à Rome6.

L’esclave en son cœur criminel
Songeant au supplice éternel,
Regarde Dieu comme un cruel.
Clément le nie, et voilà comme
La crainte vaut l’amour à Rome.

Par la foi je prie et j’obtiens.
Du salut Dieu pour les chrétiens
Abrège ainsi tous les moyens.
Clément le nie, et voilà comme
On s’entend en morale à Rome.

La foi qui croit, qui se soutient,
Les biens que pour prix elle obtient,
Tout de la bonté de Dieu vient.
Clément le nie, et voilà comme
On rend à Dieu ses dons à Rome.

Dieu, qui si sévère au pécheur
Le punit ou le rend meilleur,
Pour l’innocent est sans rigueur.
Clément le nie, et voilà comme
Dieu n’est pas juste juge à Rome.

La loi faite pour soulager
Met-elle la vie en danger ?
Alors on peut s’en dégager.
Clément le nie, et voilà comme
On devient rigoriste à Rome7.

L’Église aux saints de tous les temps
Unit les anges innocents8,
Elle est catholique en ce sens.
Clément le nie, et voilà comme
On est bon catholique à Rome.

De Dieu ce sont tous les enfants,
Par Jésus en lui subsistants,
Et de son Saint-Esprit vivants.
Clément le nie, et voilà comme
On connaît bien l’Église à Rome.

L’Église a pour chef Jésus-Christ,
Pour membres tous ceux qu’il chérit,
Et qui vivent de son Esprit.
Clément le nie, et voilà comme
On connaît bien l’Église à Rome.

Qu’admirable est son unité !
C’est un Christ sur plusieurs enté,
Qui fait toute leur sainteté.
Clément le nie, et voilà comme
On connaît bien l’Église à Rome.

Son corps auguste et spacieux
Comprend les saints de tous les lieux,
Des temps nouveaux et des temps vieux.
Clément le nie, et voilà comme
On connaît bien l’Église à Rome.

Celui qui dans le péché vit,
Cesse d’être, selon l’esprit,
Enfant de Dieu, membre du Christ.
Clément le nie, et voilà comme
On se croit saint sans l’être à Rome

Par le défaut de sainteté,
Comme par l’infidélité,
Hors de l’Église on est jeté.
Clément le nie, et voilà comme
On est chrétien sans l’être à Rome.

Les livres saints sont importants,
Et tous, en tous lieux, en tous temps,
Doivent en rechercher le sens.
Clément le nie, et voilà comme
On prêche l’Évangile à Rome.

On voit que le divin écrit
A personne n’est interdit,
Puisque un simple eunuque le lit,
Clément le nie, et voilà comme
On condamne les saints à Rome

Malgré sa sainte obscurité,
Un laïc plein d’humilité
Y trouve de l’utilité.
Clément le nie, et voilà comme
Dieu n’est pas un bon maître à Rome.

Du jour saint qu’il soit l’entretien,
C’est comme le lait du chrétien ;
Pourquoi le priver de ce bien ?
Clément le veut, et voilà comme
On condamne les saints à Rome.

L’ôter aux femmes, c’est fureur :
De ce sexe plein de candeur
Vit-on jamais naître l’erreur ?
Clément le craint, et voilà comme
On craint les fantômes à Rome.

Dieu parle dans les livres saints,
C’est fermer sa bouche aux chrétiens
De les leur arracher des mains.
Clément le veut, et voilà comme
On fait taire Dieu même à Rome.

L’Évangile aux chrétiens ôté
Les laisse dans l’obscurité,
Eux qui sont nés pour la clarté.
Clément le veut, et voilà comme
En plein jour il est nuit à Rome.

Défendre que, comme autrefois,
Le peuple unisse au cœur sa voix,
C’est renverser les saintes lois.
Clément le fait, et voilà comme
La colombe est muette à Rome.

Pour être réconcilié,
Que le pécheur humilié
Demeure pour un temps lié,
C’est sagesse : mais voyez comme
On craint d’être trop sage à Rome.

Doit-on, quand on vient de pécher,
De l’autel sitôt s’approcher ?
Qui peut désormais l’empêcher ?
Clément le veut, et voilà comme
Le saint se donne aux chiens à Rome.

Jadis un pénitent banni
A l’autel n’était réuni
Que quand son temps était fini.
Clément l’improuve, et voilà comme
L’ancienne Église plaît à Rome.

Quand un chef excommuniera,
Pour le moins il présumera
Que tout le corps consentira.
Clément s’en moque, et voilà comme
On nous excommunie à Rome.

La peur de l’être injustement
Ne doit jamais un seul moment
Mettre au devoir empêchement.
Clément le nie, et voilà comme
On séduit les peuples à Rome.

En anathème être traité,
Mais défendre la vérité
Sans jamais rompre l’unité.
Saint Paul l’a fait, et voilà comme
Les appelants font avec Rome.

Le mal par un chef opéré,
Fruit d’un zèle inconsidéré,
Par Jésus-Christ est réparé.
Clément le nie, et voilà comme
On se croit tout permis à Rome.

L’Église est en butte aux mépris,
Quand des pasteurs, d’orgueil pétris,
Y dominent sur les esprits.
Clément s’en rit, et voilà comme
On a l’esprit de Pierre à Rome.

Dans l’Église la vérité
A perdu sa simplicité,
C’est un trait de caducité.
Clément le nie, et voilà comme
L’Église est jeune et belle à Rome.

Dit-on qu’au succès du Pasteur
S’oppose le persécuteur,
Afin que Dieu s’en montre auteur ?
Clément s’en choque, et voilà comme
On se trahit soi-même à Rome.

Très souvent le juste est proscrit
De l’Église de Jésus-Christ ;
Mais de la foi le juste vit.
Clément le nie, et voilà comme
On croit damner les saints à Rome.

Lorsque sans l’avoir mérité,
Comme un impie on est traité,
C’est un trait de conformité
Avec Jésus ; et voilà comme
On fait souvent des saints à Rome.

Souvent, pour pallier son tort,
On rend, par un coupable effort,
L’odeur de vie odeur de mort.
Clément le nie, et voilà comme
Les maux sont sans remède à Rome.

Le temps où de la vérité
Le disciple est persécuté,
Ce temps a toujours existé.
Clément le nie, et voilà comme
L’Évangile est menteur à Rome.

Dans l’Église le jurement
Ne sert le plus communément
Qu’à commettre le faux serment.
Clément l’ordonne, et voilà comme
Il faut jurer pour plaire à Rome.

  • 1. Les Recueils manuscrits n’assignent à cette pièce aucune date précise. Il nous paraît probable qu’elle appartient à la fin de la Régence. Cette exposition satirique des cent une condamnations prononcées par la Bulle Unigenitus contre les principes du P. Quesnel dut être faite pour rappeler au public la teneur d’un acte dont on parlait sans cesse, mais que très peu de gens avaient lu et dont presque personne, à part les têtes des partis janséniste et moliniste, ne connaissait les détails. L’auteur inconnu était assurément un fervent disciple de Quesnel, appelant et réappelant au futur concile. (R)
  • 2. Ce fut à Rome que Pélage ayant entendu ces paroles qui se trouvent plusieurs fois dans les Confessions de saint Augustin. Donnez-moi ce que vous me commandez et commandez-moi ce que vous voudrez, se récria comme s’il eût entendu un blasphème, et de ce moment il commença de découvrir ses mauvais sentiments contre la nécessité de la grâce. (M.) (R)
  • 3. Les paroles dont le centenier se servit pour demander la guérison de son serviteur sont adoptées depuis plus de quinze cents ans par toute l’Église pour demander la guérison des âmes. Pourquoi se serait‑elle fait une loi de parler comme lui, si elle ne pensait pas de même ? Les formules de ses prières sont la preuve et la règle de sa foi. (M.) (R)
  • 4. Le mot de grâce, qui se trouve dans le texte de cette proposition, signifie une faveur, un don, un bienfait, et non pas une grâce d’action. (M.) (R)
  • 5. Pour moi, je sais que vous m’exaucez toujours. — (Saint Jean, ch. II, v. 42 — M.) (R)
  • 6. L’homme a de quoi se consoler d’être déchu du degré d’honneur où Dieu l’avait créé, si, devenu semblable aux bêtes, il peut encore s’approcher de lui sans changer d’inclinations. (Psaume XVVIII, v. 13. —(M.) (R)
  • 7. La décision que la bulle condamne dans le P. Quesnel est de Jésus‑ Christ même. Il s’agit de la loi du sabbat dont l’homme peut se dispenser pour sa conservation, parce que le sabbat est fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat. (Marc, II, v. 27) Les Macchabées l’avaient décidé de même. (L. I, ch. II, 41. (M.) (R)
  • 8. Qu’on examine tous les endroits d’où le P. Quesnel a tiré ces idées de l’Église, on verra qu’il y prend ce terme dans le même sens que le texte sacré qu’il commente. Il faut donc que le texte soit condamnable ou que le commentaire soit innocent. (M.) (R)

Numéro
$0525


Année
1723

Sur l'air de ...
O reguingé, o lon lan la

Description

Imprimé en 24 pages et 101 strophes de cinq vers dont refrain

Notes

Imprimé de 24 p. in-32 Il ya bien 101 stphes comme l‘atteste F.Fr.12699 qui numérote.


Références

Raunié, IV,213-35 - Clairambault, F.Fr.12699, p.289-12 - Maurepas, F.Fr.12631, p.299-32 - F.Fr.9352, f°276r-285v - BHVP, MS 599, f°39r-47v - Toulouse BM, MS 861, p.4-24

Mots Clefs
Jansénisme, les 101 propositions de la Constitution