Aux prêtres du séminaire des Missions étrangères

Aux prêtres du séminaire des Missions étrangères1
Partisans trop zélés de la bonne doctrine,
Ma foi, vous avez bien la mine
De vous voir bientôt confondus.
En vain contre l’erreur votre esprit se mutine,
Le Pape est contre vous, et Casanate n’est plus.
On monte les ressorts de la vieille machine
Pour prouver qu’on ne voit que dans Jansénius,
Qu’il ne faut point permettre aux chrétiens de la Chine
De fléchir les genoux devant Confucius.
C’est fort mal à propos que votre zèle crie.
Quoi, pour un peu d’idolâtrie
Qu’on peut vérifier avec l’intention,
Il faut laisser périr toute une nation ?
Sachez que sans cette industrie
L’on aurait la terre choisie,
De n’honorer jamais la céleste patrie
De la face d’un mandarin
Ignorant donc ce beau mystère
Vous auriez mieux fait de vous taire
Et de laisser parler nos commodes docteurs
Qui, toujours opposés à la morale austère,
Nous conduisent au ciel par un chemin de fleurs.
Mais Jésus-Christ… Encore, taisez-vous, c’est folie ;
Tous vos discours sont superflus.
Voulez-vous mieux savoir les secrets de Jésus
Que les gens de sa Compagnie ?

 

  • 1. Autre titre : Contre les Jésuites.

Numéro
$3624


Année
1711

Description

26 vers irréguliers


Références

 Maurepas, F.Fr.12627, p.9-10 - F.Fr.12500, p.199-200 - F.Fr.13656, p.70 - BHVP, MS 652, p.161-62

Mots Clefs
Jansénisme, jésuites, Confucius, rites chinois,