Sans titre

Oh ! par ma foi, Maître Chaudon,
Ne le prenez pas sur ce ton ;
Votre éloquence est superflue
Le parlement a ses leçons,
Et la Cadière est reconnue
Digne des Petites-Maisons.

De Girard l’accusation
Fait tort à la religion,
Et plutôt qu’un prêtre impudique
Soit trouvé sous un surplis
A la faveur jésuitique
Prostituons la fleur de lis.

Ainsi pense le parlement
Plein d’honneur et de jugement.
Ce serait un cas d’importance
De trouver un moine fouteur.
Mais qu’importe qu’on ait en France
Des juges prévaricateurs.

Girard va monter à l’autel.
Est-ce un saint ? Est-ce un criminel ?
Pourquoi résoudre ce problème ?
Le ministre ne le veut pas.
Il a baisé ? Baisez vous-même.
Vous direz le mea culpa.

Girard dit : que le peuple fat
Me tienne pour un scélérat,
Quant à moi je m’en bas les fesses.
Pour cent fois que je l’aurais mis
J’ai célébré plus de cent messes,
Nous voilà quitte et bons amis.

Après tout vos deux moinillons,
Carme et prêcheur sont des brouillons1,
Les jésuites pour leurs dévotes
Ne secouent pas leurs couillons
Ils chérissent trop les culottes
Pour se coiffer du cotillon.

  • 1. Les deux frères de La Cadière.

Numéro
$1890


Année
1731

Sur l'air de ...
Prévôt des marchands

Description

6 x 6


Références

F.Fr.23859, f°3 - Turin, p.69-72

Mots Clefs
Jansénisme, Girard/Cadière, parlement d'Aix coupable, Chaudon