Chanson

Chanson
Escobar, Sanchez, Tambourin
Nous ont aplani le chemin
Pour du Ciel acquérir la gloire.
Heureuse est leur direction
Qui nous assure la victoire
En cédant à nos passions.

Casuistes des siècles passés,
Girard vous a tous surpassés.
Pour satisfaire la nature
Et calmer des cœurs les remords
Vous vous donnâtes la torture
Girard a bien d’autres ressorts.

Par un expédient nouveau
Tiré du creux de son cerveau,
Par une sublime science
Inconnue jusqu’à ce jour,
Il porte un cœur en conscience
À satisfaire son amour.

Girard, homme voluptueux,
Tu sais bien composer tes yeux
C’est peu qu’une ardeur ordinaire,
Tu sens de plus friands désirs.
Un amour extraordinaire
Est le mignon de tes plaisirs.

Mais sans aller chercher plus loin
Tu sais marquer au double coin
Et sur une même personne,
Par tours dignes de ton esprit,
Avec une intention bonne
Contenter ton double appétit.

Mais une telle invention
Serait une contradiction
Peut-être auprès de ta séquelle
Qui n’aimant pas la nouveauté
N’excuserait ton nouveau zèle
Qu’au cas d’une nécessité.

Sera-t-on surpris que Girard
S’embarrasse peu du hasard
Auquel chaque jour il s’expose.
Que ne voit-on pas aujourd’hui ?
Les prélats ont la bouche close
Thémis est muette devant lui.

S’il se pouvait que Molinos
Sortît des antres infernaux
Pour professer encore ses crimes
Qu’il fût de la Société,
Qu’il en adoptât les maximes,
Il trouverait impunité.

Vous, dits suivants de Jésus-Christ,
Mais précurseurs de l’Antéchrist,
Ce monstre horrible est votre maître.
Quel exemple nous donnez-vous !
Jésus près de soi n’eut qu’un traître,
Perfides, et vous l’êtes tous.

 

Numéro
$2049


Année
1731

Description

9 x 6


Références

F.Fr.23859, f°171

Mots Clefs
Jansénisme, Girard/Cadière, jésuites infâmes