Calotte

Calotte
De par le dieu porte-marotte,
Nous, général de la Calotte,
Salut à tous nos Girardins.
Comme il paraît qu’ils sont enclins
A se donner maint ridicule,
Qu’ignorance chez eux pullule
Et qu’ils vont chercher la raison
Tout droit aux Petites-Maisons ;
De plus qu’un esprit de vertige
Toujours les guide et les dirige,
Qu’ils sont pleins de mauvaise foi
Et réfractaires à la loi,
Que chez les leurs les plus grands crimes
Sont reconnus pour légitimes,
Et que dans le sang innocent
Ils se coulent impunément ;
Que l’on voit leur fureur s’accroître
Même contre leur divin maître
Trahir jusque sur ses autels
Par le plus grand des criminels
Que, digne de toutes ses foudres,
Impunément on veut absoudre
Par notre parquet Girardin,
Plus cruel que ne fut Tarquin.
Cependant si l’on en excepte
Selon nos us et nos préceptes
Ceux qui toujours droit vont avant
Comme de Trez et Seguiran
Que nous déclarons malhabiles
A nous être jamais utiles,
Attendu que trop de raison
Les guide et partant voulons
Pour marquer notre gratitude
En ce jour de sollicitude
Que ce tant illustre parquet,
Dût-il augmenter son caquet,
A jamais dans notre brigade
Aura même nom, même grade
Qu’il avait dans le tribunal
Du fameux sénat provençal,
Et pour lui donner sûre rente,
Lui déléguons par ces présentes
La fumée de tout l’incendie
Qu’on brûlera dorénavant
A son honneur comme à sa gloire
Pour rendre culte à la mémoire
Du jour qu’il soutint que Girard
Bien loin de mériter la hart
Par sa sainteté plus que grande
Devait avoir une légende.

 

Numéro
$1982


Année
1731

Description

50 vers

Notes

Une autre version en 46 vers avec de nombreuses variantes en $4574.


Références

F.Fr.23859, f°58v-59r

Mots Clefs
Jansénisme, Girard/Cadière, Calotte, parlement d'Aix, Trez, Seguiran