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Calotte pour Mme Masse, femme du procureur

Calotte pour Mme Masse, femme du procureur
De par le dieu de la Marotte,
Nous, commis pour donner calotte
En ce temps de vacations,
Aux calotins savoir faisons
Que le garçon apothicaire
Fatigué de donner à Girard maints clystères
Pour le garantir du poison
Qu’il croit qu’un trop zélé confrère
Ne lui donne dans la prison,
A bien osé nous faire entendre
Qu’il voulait un second pour les lui faire prendre.
À ces causes, nous prétendons
Qu’il sache en ce moment que nous constituons
L’épouse de l’avocat Masse
Livrée aux descendants d’Ignace
Pour tenir la chandelle au garçon maladroit
Qui trouve le trou trop étroit,
Si mieux n’aime lui laisser faire
Et qu’elle vit jadis pratiquer à son père,
Et comme par le règlement
Tout sujet est payé dans notre Régiment,
Pour la dédommager des soins et inquiétudes
Qu’elle prendra pour n’être en aptitude
Grégoire encore tout nouveau
Nous lui mandons pour couvrir son cerveau
Calotte de plomb des mieux faites
Avec grelots, souris, papillons, girouettes ;
N’assignons ici rien de plus.
Girard lui fournira lui seul ses revenus
Son mari ne pouvant le faire.
Avertissons cette grand-mère
De ne point blesser en clochant
Notre bon Père au fondement.
L’apprentif ne doit pas se plaindre :
Avec un tel secours, qu’a-t-il encore à craindre
Sachant nos fidèles sujets
Qu’on ne peut donner des brevets
À tous ceux qui s’en rendent dignes
Puisque nous oublions le digne1
Et tant d’autres que dans leur temps
Nous joindrons tous au Régiment
Fait au jour, au mois et l’année
Où des croquants l’engeance troublée
Essayant, mais en vain, d’employer le poison,
S’efforça de tirer Girard de sa prison.

 

  • 1Nom propre (M.)

Numéro
$2042


Année
1731




Références

F.Fr.23859, f°157r-158v