Sonnet

                    Sonnet1
Serviles courtisans, dangereux politiques,
Que le Ciel en courroux fit juges des mortels,
De l’auguste Thémis n’allez-vous aux autels
Que pour les profaner par des arrêts iniques ?

L’innocence aux abois gémit sous vos décrets.
Pourquoi l’opprimez-vous pour sauver un coupable ?
Membres dégénérés d’un sénat vénérable,
Vous en allez ternir la gloire pour jamais.

Déjà non loin de vous la céleste colère
Par un signe effrayant2 annonce son tonnerre
Juges, vos seuls remords peuvent le prévenir.

Le glaive est suspendu sur vos coupables têtes ;
Le Ciel est irrité, ses vengeances sont prêtes,
Et s’il diffère encore, c’est pour vous mieux punir.

  • 1. Sonnet sur les juges du parlement d'Aix qui ont jugé le P. Girard et la demoiselle Cadière (Lille BM MS 66)
  • 2. L’accident arrivé à M. le Premier Président deux jours après l’arrêt du 30 juillet. (M.) Cardin le Bret avait été frappé par un infarctus.

Numéro
$1931


Année
1731 août

Description

Sonnet


Références

Clairambault, F.Fr.12702, p.159 et 255 - Maurepas, F.Fr.12632, p.229 - F.Fr.15020, f°249 - F.Fr.15145, p.427-28 -  F.Fr.15231, f°94r  - F.Fr.15243, f°53r - F.Fr.23859/1, f°26r - BHVP, MS 602, f°190r-190v - Lille BM, MS 66, p.440-41 - Turin, p.79

Mots Clefs
Jansénisme, Girard/Cadière, après le jugement du parlement d'Aix