L'amour de Dieu par dessus toute chose

L’amour de Dieu par dessus toutes choses qui n’est pas sensible
Quand je n’aurais ni précepte ni loi,
J’aime mon Dieu, je l’aime pour lui-même ;
Mais mon amour est un amour de foi
Car en aimant, je ne sens pas que j’aime.

Non, non, mes sens ne vous en mêlez pas,
Vos plus beaux dons sont des faux en peinture ;
Dieu, pur esprit, surpasse vos appas ;
Il faut l’aimer en domptant la nature.

Puisqu’il le faut, aimons sans rien sentir
Cessez raison, conception, images,
C’est dans Dieu seul que je veux m’engloutir
Sans m’arrêter toujours dans ses ouvrages.

Rien n’est si beau que la vive beauté,
Rien n’est si grand que la grandeur divine.
Ce que l’on voit n’est pas la vérité,
Mon cœur remonte à la haute origine.

Tout nous élève à cet astre premier.
Tendons à Dieu, ne touchons à rien d’autre.
Là sont l’esprit et le cœur tout entier
Oublions tout ; Dieu deviendra tout nôtre

En pure foi je contemple mon Dieu
A ce soleil sans cligner je m’expose
Je le contemple en tout être, en tout lieu,
Mon oraison est qu’en lui je repose.

Bonheur sans pair, en peut jouir qui veut.
On trouve en soi toujours tout ce qu’on aime
A chaque instant la vive foi le peut
Avec l’attrait de la bonté suprême.

 

Numéro
$1970


Année
1731

Description

25 vers

Notes

$1969, $1970, $1971 semblent de la même main.


Références

F.Fr.23859, f°48v-49r

Mots Clefs
, Jansénisme, Girard/Cadière, ambiance quiétiste