Société de malheur

Société de malheur
Le Père Girard, l'autre jour,
S'examinant d'un air sincère,
J'ai péché, dit-il, par un excès d'amour
Et j'attends un jugement sévère.
Les juges d'Aix en me sauvant
Ont fait crier à l'injustice
Et montré que pour de l'argent
Un criminel évite le supplice.
Du public j'excite l'horreur,
Mes forfaits sont abominables,
Mais pour compagnons de malheur
J'ai treize juges exécrables,
Le chef et douze magistrats.
Gens livrés à l'ignominie
Ont oublié qu'à l'heure du trépas
Nous nous verrons rayés du neuvième livre de vie,
Et qu'au jour de l'éternité
Les affreux et profonds abîmes
S'ouvriront pour payer les crimes
D'une impie Société.

Numéro
$1851


Année
1731

Description

20 vers


Références

Lille BM, MS 69, p.168-70

Mots Clefs
Jansénisme, Girard/Cadère, jésuites, parlement d'Aix complice