Vénus

Vénus


Une nymphe de Vénus complimente le P. Girard et lui présente une couronne de la part de la déesse.

De la cour de Vénus, je viens en diligence
Faire mon compliment à votre Révérence.
Elle m’a commandé de venir en ces lieux
Rendre hommage à celui le rend à ses feux

En lui présentant la couronne :
Recevez, Ô vainqueur, la brillante couronne
Que les mains de Vénus ôtèrent à Bellone
Quand, fatigué du bruit et des fureur de Mars,
Vous voulûtes marcher sous ses fiers étendards,
La déesse sensible au mépris de ses charmes
Contre ses ennemis n’oppose que vos armes,
Vore cœur enflammé d’une amoureuse ardeur
A réduit sous ses lois la timide pudeur ;
Elle ne viendra plus avec son air austère
Troubler impunément les plaisirs de Cythère ;
Au seul nom de Girard elle ira dans les bois
Recueillir les échos de sa plaintive voix,
Sans temple, sans autels, sans aucun sacrifice,
Elle sera foulée aux pieds de la justice
Et dans le souvenir d’un tranquille repos,
Tout l’empire amoureux vous dira son héros,
La jeunesse effrontée à votre belle école
Ira prendre leçon pour adorer l’idole,
L’Amour entre vos mains remettra son carquois,
Et vous déclarera protecteur de ses lois,
Il conduira vos pas de victoire en victoire ;
Vous défendrez sa cause, il fera votre gloire ;
On ne formera plus d’inutiles désirs
Et vous saurez unir l’amour et les plaisirs ;
Déjà le tendre coeur de nos tendres pucelles
Recnnaît le pouvoir que vous avez sur elles,
Croissez et combattez en l’arrière-saison :
Un jésuite à tout âge est jeune Cupidon ;
Cythère, réjouie au bruit de vos conquêtes,
Comptera vos exploits au nombre de ses fêtes.

 

Numéro
$3077


Année
1732

Description

25 vers en deux temps

Notes

Présentation inusitée


Références

Turin, p.210-12

Mots Clefs
Jansénisme, Girard, éloge parodique