Épitaphe de Noailles

Épitaphe du cardinal de Noailles
Ci-gît un fameux cardinal
Qui fut sage dans sa jeunesse,
Mais vivant trop (ô sort fatal !)
Il survécut à sa sagesse.
Il est donc mort de son vivant,
Noaille, en cessant d’être sage ?
Oui, s’il eût vécu moins longtemps,
Il aurait vécu davantage.
Panégyristes languissants,
Qu’on sacrifie à sa mémoire ;
Vous direz donc tout en disant,
Qu’il a trop vécu pour sa gloire1.

  • 1. Le président Bouhier écrivait à son ami Marais, quelques jours après la mort de Noailles : « J’ai vu le dernier acte du feu cardinal de Noailles, si toutefois on peut assurer que ce soit le dernier. Voilà sans doute la plus éminente girouette qui ait jamais été. O vieillesse, ma mie ! / N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?

Numéro
$0667


Année
1729

Description

12 vers


Références

Raunié, V,170-71 - Clairambault, F.Fr.12699, p.498 - Maurepas, F.Fr.12632, p.1 - F.Fr.15143, p.489-90 - BHVP, MS 639, p.510-11

Mots Clefs
Jansénisme, cardinal de Noailles, mort, épitaphe, ci-gît