Sans titre

Sur ton imprudence raillée1

Tu feras en vain des hélas !

Si tu ne m’aimais pas mouillée,

Pourquoi ne me pompais-tu pas2 ?

 

Je voulais un autre remède

Qu’une verge de ta façon.

J’ai goûté d’une qui possède

Le secret de ma guérison.

 

Tu m’as mis les bois au derrière

Avec rage et sanglant affront.

Pour moi, c’est avec joie entière

Que je te les mets sur le front.

 

Dès que tu m’as eu fouettée

J’en étais triste avec raison.

Par ton ami bien biscottée

Je suis gaie come un pinson.

 

Tu m’as traitée à la jésuite

En frappant mon postérieur,

Un autre tout à l’opposite.

Je te pardonne de bon cœur.

 

Si j’ai pâti par le derrière

Des coups redoublés si souvent,

La félicité fut entière

Des coups reçus sur le devant3.

  • 1. Sur Mme de Fourquieux à qui, dit-on, son mari donna le fouet (Arsenal 3117, qui ne propose que les trois premiers couplets).
  • 2. Sur Mme de Fourqueux, femme d’un conseiller au Parlement, qui fut fouettée par son mari parce qu’elle pissait au lit. Elle fut si outrée de ce châtiment qu’elle fit monter dans sa chambre, dont elle ne sortait plus pour avoir honte de paraître en public, un ami de son mari, et la Dame l’engagea à être enfermée avec lui, d’être de moitié avec elle pour faire son mari cocu, ce qui fut précédé d’avances si engageantes que la chose fut exécutée au contentement des parties ; après quoi la Dame descendit chez son mari se mit à table avec compagnie et se vanta à lui-même de ce qui venait de se passer.
  • 3. Pour l’intelligence des couplets ci-dessous, il faut savoir que M. de Fourqueux, fils de M. de Fourqueux, procureur général de la Chambre des Comptes, a épousé Mlle de Montyon, fille du maître des Comptes de ladite chambre. Cette Demoiselle ayant l’incommodité de pisser au lit fort souvent, son mari fut s’en plaindre un jour à sa mère, qui lui conseilla de la fouetter bien fort avec des verges, ce qu’il fit, et le même jour la Demoiselle s’en vengea en le fasiant cocu. F.Fr.13657

Numéro
$6252


Année
1741

Sur l'air de ...
Tu croyais qu'en aimant Colette / Quand je suis dans mon corps de garde (Castries) / Réveillez-vous, belle endormie

Description

6 x 4


Références

Clairambault, F.Fr.12709, p.397-98 -Maurepas, F.Fr.12635, p.388-90 (Couplets 1-3) -  F.Fr.12675, p.378 - F.Fr.13657, p.342 - F.Fr.15134, p.522 - NAF.9184, p.354 - Arsenal 3117, f°6v - Mazarine Castries 3987, p.379-80

Mots Clefs
Fait divers - Mme de Fourquieux, cocuage, obscène