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Sans titre

Épître à M. le duc de Guiche, sur un habillement qu’il oblige les gardes de se faire
Se peut-il, grand foudre de guerre,
Digne successeur des Grammonts,
Que trente petits compagnons,
Que tu traitas toujours comme insectes de terre,
Aujourd’hui te montrent les dents,
Et d’une remontrance hautaine
Demandent le retardement
D’un ruineux habillement ?
Des cohortes prétoriennes
Souffriras-tu de tels méfaits ?
Non, mais pour punir leurs audaces,
Redoublez les colifichets.
Établis une bonne masse ;
Que leurs fournisseurs et marchands
De sa moitié soient tributaires ;
Confisque à ton profit pensions, logement ;
Du médecin Sidaume augmente le salaire.
Reçois d’un ami sûr les utiles leçons
Et pour mortifier cette troupe importune
Fais-les toujours marcher comme de vrais oisons,
Dans toutes les occasions.
Quand il pourra s’agir d’augmenter ta fortune
Sans suivre leurs avis, ni le droit, ni raison.
Enfin pour les combler de tous les maux ensemble,
Promets-leur Sauvigny, ce fils qui te ressemble.

Numéro
$5121


Année
1719




Références

Arsenal 2937, f°269r-69v