Clément Satire V


Satire V

 

Avertissement pour la satire suivante

Voltaire avait adressé une Épître à Boileau. Cette Épître commençait par ces deux vers :

Boileau, correct auteur de quelques bons écrits,

Zoïle de Quinault et flatteur de Louis.

Le reste de la pièce était à peu près sur le même ton. Voltaire qui ne ménageait pas les injures à Despréaux, se prodiguait à lui-même toute sorte d’éloges. Admirateur et disciple de Despréaux, je crus devoir repousser les traits qu’on lançait à cet illustre mort, et j’osai le faire parler lui-même. Ce fut une témérité que le motif seul pouvait faire excuser. Il paraît bien que le public n’a pas pris, contre ce grand poète, les mauvaises impressions que nos beaux-esprits voudraient lui donner, puisqu’il fit quelque bon accueil à celui qui prit le nom de Boileau pour le défendre, et qui n’était vraiment qu’une ombre de Boileau.

 

                                 Satire V

Boileau à Voltaire

Voltaire, auteur brillant, léger, frivole et vain,

Zoïle de Corneille et flatteur de Saurin1

Toi qui, feignant toujours de blâmer la satire,

As vaincu l’Arétin, maître en l’art de médire ;

D’où vient que ton esprit, si faible à son déclin,

Sur un ton familier, moins plaisant que malin,

Ose en vers dépourvus de cadence et de nombre,

Faire insulte à ma cendre et gourmander mon ombre ?

 

Es-tu donc de complot avec ces beaux-esprits,

Qu’on entend contre moi déclamer dans Paris ;

Qui veulent désormais, après cent ans de gloire,

De mes vers trop connus étouffer la mémoire ?

Vengeurs intéressés de l’honneur du prochain,

Du malheureux Pradon prennent la cause en main,

Canonisent les sots immolés dans mes rimes,

Et comptent mes bons mots au rang des plus grands crimes,

Toujours à me damner s’ils pouvaient croire en Dieu ?

 

Mais on les voit pour toi transportés d’un beau feu,

Accueillir, caresser tes satires nouvelles,

Comme à des jeux d’esprit sourire à tes libelles,

Et d’aise se pâmer lorsque du même ton

Tu viens à bafouer Jésus-Christ ou Fréron.

Quoi ! sans aucun remords de tes écarts cyniques

C’est toi qui veut flétrir mes lauriers satiriques ?

Hé bien donc, raisonnons : car toujours badiner,

Plaisanter follement, sans jamais raisonner,

C’est imiter le singe et payer en gambades ;

Laissons les quolibets et les sornettes fades ;

Voyons qui de nous deux, par une sage loi,

A fait de la satire un plus utile emploi.

 

A l’école du goût, formé dès ma jeunesse,

Sous les maîtres fameux de Rome et de la Grèce,

Amoureux de la gloire et de la vérité,

Mon esprit ne put voir sans en être irrité,

Sous l’air du bel-esprit, la sottise hardie

Triomphant du mérite et partout applaudie.

J’en devins l’ennemi. Quoique jeune, inconnu, 

Et contre le torrent de moi seul soutenu,

Plein de courage, armé d’une savante audace,

J’attaque Chapelain, maître alors du Parnasse.

De l’hôtel Rambouillet l’oracle et le héros,

Cotin du mauvais goût assemble les bureaux ;

Le sifflet à la main, je le poursuis sans cesse.

Au bouffon démasqué je montrai sa bassesse ;

Et non moins ennemi d’un style trop hautain,

De son trône usurpé je renversai Lucain.

Des succès de Pradon, je fis rougir la scène.

Quinault cessa bientôt d’affadir Melpomène,

Et ses vers doucereux, à l’Opéra vantés,

Ne pouvant être lus, du moins furent chantés.

De mes maîtres enfin embrassant la vengeance,

J’ensevelis Perrault sous sa propre ignorance,

Rejetant sur lui-même, avec plus d’équité,

L’affront dont il souillait la docte Antiquité.

De tout méchant auteur intraitable adversaire,

Mais aussi du génie admirateur sincère,

Jamais, de mes rivaux bassement envieux,

Au mérite éclatant je ne fermai les yeux ;

Aux cabales jamais je ne prêtai l’oreille,

Et, de Racine épris, j’applaudis à Corneille.

Si ma muse souvent lançait des traits moqueurs

Sur les sot protégés et leurs sots protecteurs,

Pour vaincre des esprits l’entêtement crédule,

Le vrai pénètre mieux armé du ridicule.

Mai a-t-on vu la haine, infectant mon pinceau,

Des mœurs de l’écrivain tracer un noir tableau ?

Me vit-on emprunter des mains de l’imposture

Une plume trempée et de fiel et d’injure ?

Du poète ennuyeux censurant le travers

J’épargnai son honneur, et je sifflai ses vers.

Ma muse, dans ses jeux retenue et sévère,

Sut révérer toujours ce qu’il faut qu’on révère ;

Loin d’oser, par des traits d’infernale gaieté,

Faire aux dépens de Dieu rire l’impiété.

Mes rimes n’ont jamais alarmé l’innocence :

J’aimais la liberté, j’abhorrai la licence.

Malin dans mes écrits, doux, simple dans mes mœurs,

Par l’amour seul du vrai, fatal aux sots rimeurs,

Du mauvais goût, sur eux, mes vers faisaient justice ;

Et, je dois m’en flatter, mon utile malice

Soutint le goût naissant et le vit triompher

Des barbares rimeurs tout prêts à l’étouffer.

Mon siècle a recueilli les fruits de ma satire.

 

Mais toi, qu’en ces combats un prix moins noble attire,

Qui, jaloux des grands noms, voudrais sur leurs débris,

Régner seul au Parnasse avec tes seuls écrits.

L’ambition, l’orgueil, l’envie ou la vengeance,

Contre les vrais talents arment ta médisance.

A tes yeux ennemis leur gloire est un tourment.

 

Le Parnasse eut horreur de ton emportement,

Quand tes mains déchiraient la couronne superbe

Que l’illustre Rousseau partage avec Malherbe.

Par combien de noirceurs tes vers calomnieux

Se flattaient d’obscurcir un nom trop glorieux !

Et jusqu’en son tombeau, sur sa cendre immortelle,

Chaque jour tu vomis ta rage criminelle ;

Comme si tes fureurs qui ne respectent rien,

Pouvaient déshonorer d’autre nom que le tien.

 

Contre le grand Corneille, avec plus d’artifice,

Cherchant à colorer ta jalouse injustice,

Tu viens, loueur perfide, et Scudéry nouveau2,

Gloser malignement sur l’endroit le plus beau,

Le dégrader partout de sa hauteur divine,

Ravaler à dessein le rival de Racine,

Prêt à mettre à tes pieds Racine et son rival.

Rien ne te fut sacré. Bossuet et Pascal,

Malherbe, Fénelon, La Fontaine et moi-même ;

Car la Postérité, notre arbitre suprême,

M’accorde ici le droit de me nommer comme eux :

Tous méritaient ta haine, ils étaient trop fameux.

Du mérite éminent, détracteur et faux juge,

La médiocrité trouve en toi son refuge ;

De tout mérite obscur protecteur déclaré,

Le sot qui t’admira par toi fut admiré.

Saint-Lambert qui, pour toi, dégrade les Corneilles3,

Te voit prôner ses vers comme autant de merveilles,

Cependant Saint-Lambert, dans ses tristes Saisons

Nous fait transir de froid, même aux jours des moissons ;

Et, contre la critique armé d’étrange sorte,

Pour défendre ses vers il obtiendra main-forte4

La Harpe, à te louer non moins ingénieux,

Appelant ton Oreste un chef-d’œuvre des Cieux,

Se promet bien, dans peu, d’être ton légataire5

On te voit à Mentor préférer Bélisaire ;

Mais, parmi tant d’auteurs, dont la sottise altière

Offrait à tes bons mots une riche matière,

A qui de ta satire as-tu lancé les traits ?

A ceux qui, du bon sens vengeant les intérêts,

Tâchaient de rappeler sur leurs traces fidèles

Le vrai goût délaissé pour de honteux modèles,

Et de qui le génie, encor ferme aujourd’hui,

Aux beaux-arts chancelants  prête un dernier appui :

Au mâle Crébillon, ton rival, et peut-être,

Malgré tous ses défauts, ton vainqueur et ton maître ;

A cet esprit profond et brillant à la fois,

Peintre aimable du Gnide et l’oracle des lois ;

Au sublime Buffon, au vertueux Racine6 ;

Rare et digne soutien d’une illustre origine

Au poète élégant qui, sur la scène en pleurs,

Fit gémir de Didon l’amour et les douleurs ;

A ce chantre léger, dont les sons pleins de grâces

Ont d’un oiseau causeur illustré les disgrâces7.

De tous ceux dont la gloire éveille ton courroux,

Et fait darder contre eux ton aiguillon jaloux,

L’éloquent Genevois, de ta dent acharnée

A le plus ressenti l’atteinte empoisonnée :

Car ton esprit, sans frein dans ses jeux médisants,

Ne sait point se borner aux traits fins et plaisants

D’un bon mot qui nous pique et jamais ne déchire,

Fait naître sur la bouche un innocent sourire,

Et d’un front sourcilleux désarme la rigueur.

Tes traits veulent porter la plaie au fond du cœur.

Tu fais arme de tout : l’infâme calomnie

Te souffle son poison et devient ton génie.

A ces lâches noirceurs ton vers est assorti.

Souvent ton Apollon, en Vadé travesti8,

Va dans les carrefours, sous les tréteaux des halles,

Ramasser un vil tas d’injures triviales,

De sales quolibets et de plates horreurs,

Que vomit la canaille en ses basses fureurs.

 

Mais c’était peu pour toi, jouet de ta démence,

D’outrager le bon sens, les mœurs et la décence ;

Il te fallait encor, goguenard criminel,

De tes affreux bons mots faire frémir le Ciel.

 

Quiconque fait la guerre à ton audace impie

Est bientôt le martyr de ta philosophie ;

Son esprit, ses vertus, ses talents, tout n’est rien :

C’est un sot à tes yeux, sitôt qu’il est chrétien9.

Tu vas, pour l’accabler de fades railleries,

Epuiser tout le sac de tes bouffonneries,

Ameuter contre lui ce furieux troupeau

Que l’incrédulité range sous ton drapeau,

Et qui, dès que son chef lui désigne sa proie,

Au même instant contre elle incessamment aboie.

 

Mais un esprit vulgaire, à ta secte agrégé,

Par toi se voit soudain en grand homme érigé.

Des noms les plus pompeux ta Muse l’apostrophe :

Ô l’esprit lumineux ! le divin philosophe !

Et ta voix, entonnant sa louange en grands vers,

Fera mentir pour lui l’écho de tes déserts10.

Il est vrai que pour toi ce docteur en intrigues

Va sans cesse éveiller les complots et les brigues ;

Aux femmes, aux enfants, de maison en maison,

Il fait de tes écrits avaler le poison ;

Il voit sa mission en cent lieux applaudie,

Et convertit les cœurs à l’Encyclopédie.

« Tout beau, me diras-tu, ; va, tu prétends en vain

Soumettre à ta censure un livre si divin.

Jamais ton siècle entier, si peu philosophique11,

N’eût fait au genre humain ce présent magnifique,

Chef-d’œuvre où l’on rassemble avec un art parfait

Goût, génie et raison, rangés par alphabet.

Admire comme nous le fruit de nos maximes.

Que notre siècle est grand ! que de vertus sublimes !

Comme on voit triompher la sagesse et les mœurs !

Comme l’humanité rapproche tous les cœurs !

Partout germe le grain de la philosophie ;

Sous les glaçons du Nord il pousse et fructifie

Peuples et potentat, tous sont à nos genoux.

Chacun ne voit, n’entend, ne jure que par nous.

Je vois, je vois qu’enfin tout prend une autre face :

Toute religion à notre voix s’efface.

Il faut, et Diderot déjà me le promet,

Qu’on ne distingue plus Jésus de Mahomet.

J’éteindrais des Enfers les flammes effroyables ;

S’ils ont des préjugés, j’en guérirai les Diables12.

Tout homme n’aura plus que sa raison pour loi ;

Pour former sa raison, l’on n’aura plus que moi.

J’ai déjà des martyrs ainsi que des apôtres.

Sur les autels détruits on bâtira les nôtres ;

Et tous, princes, sujets, ignorants, beaux-esprits,

Pour évangile enfin n’auront que mes écrits. »

 

Que dire à cet excès d’affreuse extravagance ?

Ô Voltaire ! Et c’est toi qui, gonflé d’arrogance,

D’une honnête satire oseras me blâmer,

E, jaloux de mon nom croiras le diffamer !

Mais veux-tu qu’un moment, dissipant la fumée

Dont l’encens des flatteurs enfle ta renommée,

Au miroir éternel que tient la Vérité,

Je découvre ton sort dans la postérité ?

 

Si l’ardeur de briller en tout genre d’écrire,

La licence à penser, l’audace de tout dire,

L’art de tout effleurer, sans approfondir rien,

Et de faire beaucoup au lieu de faire bien ;

La fureur d’étaler, sans règle et sans mesure,

Un vernis imposteur qui masque la nature ;

De sacrifier tout à de vains ornements

Qui semblent mendier les applaudissements ;

En un mot, si l’esprit, avec toute sa suite,

L’antithèse surtout, sa vive favorite,

Le clinquant, merveilleux pour éblouir les sots,

Et le fatras pompeux monté sur les grands mots,

Pouvait, dans l’avenir, conserver tout son lustre,

Tu devrais y briller au rang le plus illustre :

Mais l’esprit s’use enfin sous la lime du temps.

La gloire du génie est de vaincre les ans.

L’avenir, éclairé dans ses libres suffrages.

Ne les mesure point au nombre des ouvrages

Et garde le laurier qu’aux auteurs il promet,

Non pour le plus fécond mais pour le plus parfait.

 

Toi, Voltaire, entassant volume sur volume,

Jamais rien d’achevé n’est sorti de ta plume.

Voit-on dans tes écrits, à la hâte jetés,

Ces traits profondément conçus et médités,

Où l’esprit, arrêté par un charme fidèle,

Découvre, chaque jour, quelque beauté nouvelle,

Et qui, de la nature en tout temps avoués,

Chez nos derniers neveux seront encor loués ?

Tes ouvrages sont faits pour ton siècle frivole ;

Tes défauts complaisants t’en ont rendu l’idole,

Sous la plume changeant et de forme et de ton,

Chaque genre n’a plus rien à soi que son nom.

Par toi, de vains atours Melpomène parée

Romanesque héroïne, à la marche égarée,

Outrageant à la fois et la nature et l’art,

Sans mœurs, sans caractère, agit, parle au hasard,

Grâce à tes soins Thalie est un monstre grotesque,

Larmoyant et bouffon, philosophe et burlesque,

Et tu sais travestir, par ton art charlatan,

L’épopée en histoire et l’histoire en roman.

 

Pourvu qu’un mot saillant à chaque instant pétille,

Que de traits imprévus le style éclate et brille,

Qu’importe de choquer et bon sens et raison ?

On amuse la foule, il suffit, tout est bon.

Voltaire, c’est ainsi que tes beautés fragiles

De ton siècle ébloui charment les yeux débiles,

Et que, du vrai talent méconnaissant le prix,

On rabaisse à tes pieds de sublimes esprits.

Mais crains que, pour venger leur gloire combattue,

L’avenir, à son tour, ne brise la statue ;

Crains enfin qu’un beau jour, au Parnasse français,

Clio ne te demandant compte de tes succès,

N’accuse les larcins qui parent tes ouvrages

et que tous ces oiseaux, reprenant leurs plumages,

Ne chassent leur vainqueur honteux, et dépouillé

Des furtives couleurs dont il avait brillé,

 

Adieu. Car aussi bien je vois à ce langage

Dans tes yeux pétillants étinceler la rage.

Apprends à respecter tes maîtres au tombeau,

Et que, tout mort qu’il est, il faut craindre Boileau.

  • 1. Voltaire a comparé le Spartacus de Saurin aux meilleures pièces de Corneille.
  • 2. Scudéry fit des Remarques sur le Cid pour le dénigrer ; Voltaire en a fait sur toutes les pièces de Corneille dans la même intention ; c’est en cela seulement que l’on compare Voltaire à Scudéry, quoique celui-ci ait fait aussi un poème épique et des tragédies. On peut voir dans les différents ouvrages de Voltaire, avec quelle légèreté et quelle fausseté de goût il critique tous les grands hommes du dernier siècle dont il est parlé en cet endroit.
  • 3. Saint-Lambert, vers la fin de ses Saisons, couronne Voltaire, vainqueur des deux rivaux qui règnent sur la scène ; et Voltaire dans son Épître à Boileau riposte à ce coup d’encensoir par celui-ci : "Oui déjà Saint-Lambert, en bravant vos clameurs, / Sur ma tombe qui s’ouvre a répandu des fleurs. / Aux son harmonieux de son luth noble et tendre, / Mes mânes consolé chez les morts vont descendre." Ce commerce d’éloges a fait dire à quelqu’un que Saint-Lambert avait tiré une lettre de change sur Voltaire, et que celui-ci l’avait payée à vue.
  • 4. On sait comment Saint-Lambert surprit un ordre pour faire arrêter la Critique de ses Saisons, et l’auteur de la Critique.
  • 5. Voltaire écrivait à tous les jeunes gens qui voulaient bien louer ses plus faibles ouvrages, qu’il les mettrait sur son testament. Il promettait un legs considérable à celui qui louerait le plus Oreste. Quoique Voltaire fût très riche, la succession n’aurait pas suffi pour tant de legs. Le testament de reconnaissance n’a pas eu lieu. La Harpe fut tellement piqué de se voir frustré d’un legs si souvent promis et si souvent gagné, qu’à la mort de Voltaire il fit une sortie violente contre quelques-uns de ses ouvrages. Les héritiers, indignés, lui prouvèrent que le legs avait été amplement payé d’avance ; et alors il fit l’Apothéose de Voltaire.
  • 6. Racine le fils, auteur du Poème de la Religion.
  • 7. Voltaire a écrit dans ses Questions sur l’Encyclopédie qu’on ne lisait plus Vert-vert.
  • 8. Allusion à ces Recueils de facéties bouffonnes que Voltaire a données sous le nom de Guillaume Vadé, de Jérôme Carré, etc.
  • 9. Comme il aurait été trop dur d’appeler le sublime Bossuet un sot, Voltaire a pris le parti de le faire passer pour un hypocrite, qui ne croyait pas un mot de cette religion qu’il a prêchée et défendue avec tant de zèle et d’éloquence. Il a dit que Fénelon était mort avec les sentiments d’un Encyclopédiste, et que Pascal était un hypocondre dont le cerveau était blessé.
  • 10. Ces vers font allusion à ceux-ci, d’une Épître de Voltaire : Les échos des rochers qui ceignent ce désert, / Répètent après moi le nom de d’Alembert.
  • 11. Voltaire et ses supppôts n’ont cessé de dire que le siècle dernier était un siècle pusillanime et sans lumières, où personne, excepté Perrault, n’aurait été capable de faire une seule page de l’Encyclopédie. N’est-ce pas avouer, avec beaucoup d’adresse, qu’ils n’ont d’autre ambition que celle d’être des Perrault ?
  • 12. Ceci est une parodie de ces vers de Voltaire dans son Épître à Boileau : "Tant que j’ai vécu, l’on m’a vu hautement / Aux badauds effarés dire mon sentiment. / Je le veux dire encor dans les royaumes sombres / S’ils ont des préjugés, j’en guérirai les ombres."

Numéro
$7728


Année
1786

Auteur
Clément

Description

287 vers

Notes

 Les 11 satires de Clément occupent les N°$7724-$7734. Elles figurent dans le recueil Satires par M. C***, Amsterdam et se trouvent à Paris chez les Marchands de nouveautés, 1786. La présente satire date de 1772.


Références

Satiriques du XVIIIe siècle, t.II, p.77-93  - Poésies satyriques, t.II, p. 11-27

 

Mots Clefs
Jean-Marie-Benoît Clément, Satire V - Supposée épître de Boileau à Voltaire