Lettres de rétablissement de la musique dans les maisons des jésuites de Paris

Lettres de rétablissement de la musique

dans les maisons des jésuites de Paris1
Voit les disputes des humains
Et qui ne s’occupe qu’à rire
Des fanatiques calotins,
Ayant su que le fameux schisme
Qui divisait deux grands partis,
Non pour un point de catéchisme,
Mais pour se quereller gratis,
Était cessé grâce à Noailles
Qui, par un mandement très prompt,
Avait éclairci ses ouailles
Par l’organe de la Grammont ;
Que le plus outré janséniste
Avait adopté Molina ;
Et que le souple moliniste
Avait mis Quesnel a quia.
Bref, que pour fruit de la concorde
Qui devait régner à jamais
Entre des gens dont les souhaits
Allaient l’un pour l’autre à la corde,
Beau Te Deum avait chanté ;
Que même (chose extraordinaire
Aux enfants de feu Loyola)
Maint et maint pensionnaire
Du monastère d’Opéra
Avait entonné des antiennes
Dans l’église de ces cafards
Et qu’enfin ces comédiennes
S’étaient attirés leurs regards.
Momus, de l’avis de son ordre,
Charmé de voir un tel effet
Qui va corriger un désordre
Dont le sexe est peu satisfait,
Du consentement de Noailles,
Prélat rempli de fermeté,
Qui sent remuer ses entrailles
Pour la sainte Société
Dont il connaît l’humilité,
Permet aux descendants d’Ignace,
Le faire en forme de concerts,
Chanter plusieurs motets divers
Pour amuser la populace
Comme aussi de gager nos sœurs,
Les opératrices banales,
Pour psalmodier dans leurs chœurs
Et célébrer leurs saturnales.
Voulons que sans aucun retard
Toutes dépêches et patentes
Et chartes sur ce suffisantes
Leur arrivent de notre part.
Fait dans l'empire de la lune,
Signé par Momus, Rochebrune,
Le vingt novembre, samedi,
À trois heures après-midi.

 

  • 1. Lettres de rétablissement de la musique dans les maisons des jésuites de Paris, à l’occasion du Te deum chanté dans l’église de ces pères de la rue Saint-Antoine, le 20 novembre 1728, pour le rétablissement de la santé du Roi.

Numéro
$4107


Année
1728

Description

54 vers


Références

1732/1735, III,76-78 - 1752, III,76-78 - F.Fr.12785, f°159 - F.Fr.12800, p.336-338 - F.Fr.13660, f°78-79 - F.Fr.15016, f°217r-219r - F.Fr.15143, p.471-75 - F.Fr.25570, p.395-397 - Nouv.Acq.Fr. 2485, f°78r-79r - Nouv.Acq.Fr. 4773, f°90v-91v - Arsenal 2975, p.56-57 - Arsenal, 2976, p.67-71 - Arsenal, 3134, f°64r-65v - BHVP, MS 602, f°133r-133v - BHVP, MS 664, f°98v-100 - Mazarine, 3971, p.237-241 - Chambre des députés, MS 1441, f°104 - Bordeaux BM, MS 700, f°406v-407v - Grenoble BM, MS 587, f°138v-139v - Lille BM, MS 63, p.379-382

Mots Clefs
Calotte,jansénisme, Lettres de rétablissement de la musique dans les maisons des jésuites de Paris, à l’occasion du Te deum chanté dans l’église de ces pères de la rue Saint-Antoine, le 20 novembre 1728, pour le rétablissement de la santé du Roi.