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Essai de la lettre de surintendant de la théologie de la calotte à l'évêque de Senez

Essai de la lettre de surintendant de la théologie de la calotte

à l’évêque de Senez

De ma surintendance,

Je t’écris, Soannot,

Pour t’imposer silence.

Aussi, ne dis plus mot.

Tencin par sa science

A fait voir tes abus.

Ça donc, obéissance

Et ne raisonne plus.

 

Apprends, mon petit merle,

Sot oratorien,

Que parmi nous la perle

De tous les gens de bien

Est ou la femme ou l’homme

Qui reçoit avec feu

Tous les décrets de Rome

Comme des lois de Dieu.

 

Tu voudrais qu’un concile

Devînt universel

Pour dégorger la bile

De ton frivole appel.

Je le dis à l’histoire,

Ce temps doit être assez ;

À d’autres le grimoire

De tant de libertés.

 

Si jadis la couronne

S’ornait de ce fleuron,

Tu me la donnes bonne

De parler en oison.

Je veux bien que tu saches

Le grand secret du temps :

La barrette se fâche

Paix, respects et comprends.

 

Nous n’avons plus en France

De telles libertés

Car j’ai par ma prudence

Proscrit les libertés.

Songe donc à te taire

Avec la vérité,

Ou va te faire faire

Avec l’antiquité.

 

Si donnons en mandement à nos amés et féaux les conseillers répandus dans tout l’univers pour l’exécution de nos ordres et le progrès de la calotte, que ces présentes ils aient à faire lire, publier et registrer, et le contenu en faire garder, observer, et exécuter selon leur forme et teneur, nonobstant tout dire, canons, autorités, raisons ou autres pareilles visions à ce contraire, auxquelles nous avons dérogé et par ces présentes dérogeons, copie desquelles est collationnée par un Capucin, récollet, Cordelier, directeurs de la Nouvelle Sorbonne ou autres valets de Mgr le Sr de Fleury ; voulons que foi y soit ajoutée comme à l’original. Car tel est notre bon plaisir. Et en fin que ce soit une calotte ferme et stable, nous avons fait mettre notre scel à ces dites patentes et donné à Constitutionopole, au mois de mars, l’an de notre tradition cent soixante et quinze, et de notre domination le dix-septième. Signé Bonsens, et plus bas pour le général de la Calotte, Bissy, visa Vintimille, Venant, Conseiller, Chauvelin, et scellé du grand sceau de cire, couleur de plomb et des lacets de mèche à brûler, Grivedelin et Citron. Registré, ouï et ce requérant, le procureur général de la société ignatienne, pour exécuter suivant leur forme et teneur, et copie collationnée envoyée aux principaux métropoles, évêques, abbés et paroisses, couvents, écoles qui en dépendent ; enjoint aux substituts dudit procureur général dans chacune maison ou collège desdits ignaciens de tenir la main et d’en certifier le C. de Fleury dans deux mois suivant l’arrêt de ce jour, à Constitutionopole, au sénat, ce jourd’hui qui sera si célèbre dans notre histoire héléphrastique.

Numéro
$4485





Références

Inséré sous forme d'Article 10 dans $4318 - BHVP, MS 664, f°265r-268r - Lille BM, MS 63, p.246-50 - Seul et avec de nombreuses variantes dans Arsenal 3116, f°71r-74v


Notes

Double forme de mandement et de calotte