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L'Accouchement de la duchesse de Chartres

L’accouchement de la duchesse de Chartres1
Aimable princesse,
La jeunesse, la vieillesse
A ton bonheur s’intéresse,
Notre joie est une ivresse ;
Dans son allégresse,
De ta maison la tendresse
Pour un second fils adresse
Jusqu’aux cieux
Ses vœux.

La gaîté du père,
Les doux transports de la mère,
Font que le grand-père espère,
Au plus tard dans vingt mois,
Voir naître un frère
Du duc de Valois.

S’il en venait un troisième,
Un quatrième, un cinquième,
Reçu de même,
Te plaindrais-tu ?
Que Dieu te les donne ;
L’on ne trouvera personne
Qui s’étonne
Qu’il couronne
Ta vertu.

Aimable princesse,
La jeunesse, la vieillesse
A ton bonheur s’intéresse,
Notre joie est une ivresse ;
Dans son allégresse,
De ta maison la tendresse
Pour un second fils adresse
Jusqu’aux cieux
Ses vœux.

  • 1Du mardi 5 octobre. — Dans la nuit de ce jour, Mme la duchesse de Chartres (Louise‑Marie‑Adélaïde de Bourbon, fille du duc de Penthièvre, prince du sang) accouche très heureusement d’un prince auquel le Roi donne le nom de duc de Valois et non celui de duc de Montpensier, que M. le duc de Chartres avait porté dans son enfance, parce que la maison d’Orléans s’éloignait de plus en plus de la couronne, et que M. le duc de Chartres ne devait probablement pas espérer de succéder aux mêmes titres, honneurs et prérogatives de M. le duc d’Orléans, premier prince du sang, son père, attendu l’existence du comte de Provence et du comte d’Artois, frères de M. le Dauphin. La joie était des plus grandes dans toute cette maison, et l’on disait que lorsqu’on avait annoncé à M. le duc de Chartres qu’il lui était né un fils, il n’en avait voulu rien croire, qu’il n’eût par lui‑même vu et touché, tant il désirait la réalité d’une nouvelle aussi intéressante. » (Journal de Hardy.) — Le prince dont on fêtait ainsi la naissance était le futur roi des Français, Louis‑Philippe. (R)

Numéro
$1336


Année
1773




Références

Raunié, VIII,272-74 - F.Fr.13652, p.147-48