Le Te Deum de l'Europe
Le Te Deum de l’Europe
Ô! Louis, ô parfait modèle
De la véritable grandeur !
Entends l’Europe qui t’appelle
Et te reconnaît pour seigneur.
Non que tu veuilles un vain titre ;
Mais n’es-tu pas le roi des rois,
Quand ils t’ont nommé pour arbitre,
Quand tu rends à chacun ses droits ?
Par toi, Saxe, Bavière, Prusse,
Ont déjà recouvré leur bien :
Tout se répare et jusqu’au Russe
A repris un juste lien.
Ô! vertu ! qui ne met sa gloire
Que dans d’équitables projets ;
Ô! valeur ! qui veut la victoire
Seulement pour donner la paix !
Quelle éclatante mélodie
Fait aussi retentir ton nom !
Ton règne que chacun publie
Est le règne de la raison
Eh ! comment peut-il ne pas l’être
Quand, plein dun zèle sans pareil,
Fleury t’offre l’honneur pour maître,
Et la prudence pour conseil ?
Ah ! que l’auguste providence
Voulut verser de biens sur toi,
France, en préparant l’alliance
D’un tel ministre et d’un tel roi !
Grand Dieu, conservez l’un et l’autre ;
Leurs jours sont autant de bienfaits :
Eux seuls pour ta gloire et la nôtre
Peuvent accomplir tes décrets.
Bois-Jourdain, II,150-51