Sans titre

Vers adressés aux mousquetaires par M. Saurin,

après la première représentation de Spartacus1

Enfants du Dieu de la Thrace,

Dont le front jeune et guerrier

Ceint de myrte et de laurier

Brille de grâce et d’audace ;

Séminaire des héros,

À l’ennemi comme aux belles

Ne tournant jamais le dos,

Bâillez aux pièces nouvelles,

On sait trop bien qu’il le faut,

Mais ne bâillez pas si haut !

Protégez notre faiblesse

En marquant moins votre ennui ;

Vous nous devez votre appui :

À Paphos comme au Permesse,

De tout temps, fêté, chéri,

Mars eut Vénus pour maîtresse,

Apollon pour favori.

 

 
  • 1. Un ordre du duc d’Aumont avait privé les mousquetaires de leurs entrées à la Comédie-française. Ceux-ci, pour se venger, avaient résolu de siffler les nouvelles pièces qu’on donnerait (voir Collé, JM, janvier 1760, t.II, p.210 ; février, t.II, p.215). Saurin essaya de prévenir cette tracasserie en leur envoyant ces vers (CLG)

Numéro
$4323


Année
1760

Auteur
Saurin

Description

17 vers


Références

CLG [éd.Kölving], VII,83

Mots Clefs
Saurin demande aux mousquetaires de ne pas siffler Spartacus