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Le Régent aux enfers

Le Régent aux enfers
Sans tambour et sans trompette
Le Régent s’en est allé ;
Il a laissé sa lorgnette
Au Parlement pour chercher
Les beaux mirlitons.

Dubois gardé par Cerbère
Dit, en voyant le Régent :
Monsieur, que venez-vous faire ?
Ce pays est sans argent
Et sans mirlitons.

Falaris, votre dernière1 ,
Viendra dans notre couvent ;
Qu’est-ce qu’elle y pourra faire,
Si vous êtes sans argent,
De son mirliton ?

A l’égard de Parabère,
Dont vous n’étiez plus content,
Notre bon ami Cerbère
Fera tout son passetemps
De son mirliton.

  • 1Lorsque le duc d’Orléans fut frappé d’apoplexie, il était, comme on l’a vu, avec Mme de Falaris, sa dernière maîtresse. Aussi Mme de Sabran s’écria‑t‑elle, lorsqu’on voulut le saigner : « Eh ! mon Dieu qu’allez‑vous faire ? Il sort de dessus sa gueuse. » Ce qui veut dire, remarque Barbier, que la saignée ne vaut rien en ces cas‑là. Une gazette de Hollande, faisant allusion à cette petite scène, eut l’impudence d’écrire que le Régent « était mort assisté de son confesseur ordinaire ».La duchesse de Falaris survécut longtemps au Régent : Bachaumont annonce sa mort à la date du 20 juillet 1782. Sur ses vieux jours elle prit pour le service de sa chambre un gentilhomme provincial que les courtisans appelaient plaisamment le taureau de Falaris. (R)

Numéro
$0553


Année
1723 (Castries)




Références

Raunié, IV,272-73 - Clairambault, F.Fr.12699, p.62 - F.Fr.15018, 147v - Mazarine Castries 3983, p.329 - Barbier-Vernillat, III, 88-89