Sans titre

Taisez-vous, malheureuse Sodome,
Le Jésuite n’est pas un homme
Qui détruit en ce jour
Le joli jeu d’amour.
S’il est impie et sacrilège
Comme le bon Père Girard,
Ce n’est pas le jeu du hasard.

Qu’au tribunal de la pénitence
Une jeune catin s’avance,
Confesse le détour
Du joli jeu d’amour,
Un Jésuite à grâce efficace
En paradis lui trouve place
Comme le bon Père Girard.
Du moins c’est le jeu du hasard.

Que chez eux une jeune pucelle,
De la vertu l’exemple et le modèle,
Cherche à fuir le détour
Du joli jeu d’amour
De Loyola la troupe infâme
D’une fille en fait une femme
Comme le bon Père Girard.
Ce n’est pas le jeu du hasard.

Ils sont tous protecteurs de Cythère
Ils gouvernent toute la terre
Et prêchent chaque jour
Le joli jeu d’amour.
Ils savent colorer le vice.
Ils sont maîtres de la justice.
Leur or en retira Girard
Qui du feu courait le hasard.

C’est ainsi que dans toute la Chine
Abusant de la majesté divine
Ces traîtres chaque jour
Sacrifient à l’amour
Qui l’eût cru qu’au bout de la terre
Ces monstres [?] de cerbère
Fussent disciples de Girard
Si ce n’est le jeu du hasard.

 

Numéro
$2057


Année
1731

Description

2 x 8 avec air noté

Notes

Air noté


Références

F.Fr.23859, f°189

Mots Clefs
Jansénisme, Girard/Cadière, après le jugement du parlement d'Aix, jésuites sodomites