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Sans titre

D’une course gothique1
Muse à l’instant
Sans parler en critique
D’un ton piquant
De ce saxon, courrier fameux,
Athlète fougueux
chantez le hola,
O gué len la
len lère
le lère
gué len la.

D’être un Alcibiade
Il se flatta,
Mais pour sa cavalcade
Tout lui rata,
Son beau dada
Quoiqu’un peu mutin
A moitié chemin
Fit un halte-là.

De vin et de laitage
Ce beau coursier
Nourri dès son bas-âge
Pour son courier
Bien loin de voler promptement
Tout doucettement
Au but il alla,
O gué len la

S’il eût des semelles
D’un plomb pesant
Et d’acier une selle
D’un poids puissant
Semblable à la mule à Fagon
Comme un vrai dragon
Il eût volé là,
O gué len la.

Il eût franchi les buttes
Au grand galop
Et gagné trois minutes
Au petit trot
Son cher maître, dit-on pourtant
Dit en arrivant
Enfin m’y voilà,
O gué len la.

Jugez de la surprise
Quand Courtenvaux,
La gageure ayant prise,
D’un ton fort haut
Dit en lui montrant son argent
Courrier diligent
C’est pour moi cela
O gué len la.

Ton beau bidet plus sage
Devait songer
A faire apprentissage
D’un horloger
Afin de connaître l’instant
Pour se rendre à temps
Au but que voilà,
O gué len la.

Auprès de ta maîtresse,
Prince saxon,
Quand un désir te presse
D’autre façon
Au milieu de ta course aussi
Ne fais point ainsi
Pareil halte-là
gué len lère
Len lère
O gué len la.

 

  • 1Le comte de Saxe perdit une gageure contre M. de Courtenvaux au sujet d'une course. (M)

Numéro
$3693


Année
1726 (Castries) / 1727




Références

F.Fr.15132, p.163-64 (incomplet) - Arsenal 2931, f°113v-116r - Arsenal 3116, f°65r-66r - BHVP, MS 658, p.93-95 - Mazarine Castries 3984, p.186-89 - BHVP, MS 547, (non numéroté) -