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Sans titre

Non, la Bulle Unigenitus

N’est plus notre croyance ;

A l’avenir, c’est un abus

D’en prendre la défense ;

Ne recevons plus cette loi ;

Suivons en matière de foi

Le Parlement, le Parlement, le Parlement de France.

 

Qu’à cette Constitution

A dit toute l’Église,

Après notre décision

Toute âme soit soumise,

Mais aujourd’hui l’autorité

Est dans l’infaillibilité

Du Parlement, du Parlement, du Parlement de France.

 

Dans le sacré corps des pasteurs

Résidait cette grâce,

Mais ce sont des guides d’erreurs.

On a mis à leur place

Les présidents, les conseillers,

Les procureurs et les huissiers

Du Parlement, du Parlement, du Parlement de France.

 

Jadis pour affermir la foi,

Nos Pères en concile

Du Saint-Esprit prenaient la loi,

Consultant l’Évangile.

Ce n’est plus la bonne façon ;

L’Esprit-Saint doit prendre leçon

Du Parlement, du Parlement, du Parlement de France.

 

Que de troubles ne vit-on point

Au siècle de Pélage ?

Rome écrivait et sur ce point

On l’a cru d’âge en âge.

Mais fallait-il tant de combats ?

Pourquoi ne s’adressait-on pas

Au Parlement, au Parlement, au Parlement de France ?

 

Les évêques italiens

D’Alsace et d’Allemagne

Ne sont théologiens,

Non plus que ceux d’Espagne.

Ils croient les dogmes de foi,

Mais les décider, c’est l’emploi

Du Parlement, du Parlement, du Parlement de France.

 

Du troupeau soyez les pasteurs,

Dit Jésus aux apôtres,

Mais vous n’êtes plus seuls docteurs.

Mon Église en a d’autres.

Ne liez et ne déliez

Qu’avant tout ne consultiez

Le Parlement, le Parlement, le Parlement de france.

 

Brûlez, et cahiers, et sermons,

Hommes apostoliques,

Prêchez-nous sur bien d’autres tons

Les dogmes catholiques.

Si vous voulez savoir comment

Lisez l’arrêt du Parlement,

Du Parlement, du Parlement, du Parlement de France.

 

Ne traitez plus de novateurs

Les plus grands jansénistes,

Ils ont de nouveaux protecteurs,

De fiers panégyristes,

Donnez-leur la communion,

C’est la grande décision

Du Parlement, du Parlement, du Parlement de France.

 

Directeurs zélés et prudents,

Apprenez  à vous taire.

N’ayez pour les sacrements

Ni foi, ni formulaire,

Un billet de confession

Mérite l’inquisition

Du Parlement, du Parlement, du Parlement de France.

Numéro
$6808


Année
1752




Références

Mazarine Castries 3989, p.410-12


Notes

Autre version de $2985, avec passage de 7 à 11 couplets et de nombreuses variantes. Il a paru préférable de tout reprendre.