Sans titre

L’abbé Fatras1

De Carpentras

Demande un bénéfice.

Il en aura

Car l’opéra

Lui tient lieu de l’office.

Monsieur d’Autun,

Qu’il en ait un ;

C’est un devoir

De le pourvoir ;

On veut le voir

Rôder le soir

Précédé de sa crosse

Et le matin

Chez sa catin

Arriver en carrosse.

Pour Armide il a tant trotté

Pour Alceste il s’est tant crotté !

Que c’est pitié

De voir à pied

Ce grand apôtre de coulisse

Comme un sergent de milice.

  • 1. Nom de l'abbé Arnaud

Numéro
$8544


Année
1780

Sur l'air de ...
L’avez-vous vu, mon bien-aimé

Description

22 vers

Notes

 L’intrépide Marmontel a tenu bon ; et pour prouver que la musique qu’il défend est la meilleure, il s’est occupé à mettre en pièces Quinault, afin que, réduit à une petite taille, il s’ajustât mieux aux jolis fredons de cette petite musique. M. l’abbé Arnaud de son côté a crié à la profanation, et a cité son héros Gluck qui, sans écouter Quinault, a fait de l’Armide de ce poète un superbe opéra, qui écrase tous les mirmidons italiens, tous les avortons de son cher confrère Marmontel. Celui-ci s’est vengé par une chanson bien méchante, qui a couru dans le temps sur l’air « L’avez-vous vu, mon bien-aimé », et que voici.


Références

CLK, Novembre 1780, t. VII, p. 334-35

Mots Clefs
Marmontel et l'abbé Arnaud, librettistes concurrents, se déchirent